Le Théâtre national d’Haïti (TNH), situé au boulevard Harry Truman, demande une attention spéciale de la part des autorités et opérateurs culturels. Travaux légers inachevés, environnement immédiat malsain, absence de projet d’assainissement de la zone : tout concourt à favoriser l’abandon de l’établissement construit depuis environ trente ans.
Les travaux de rénovation du bâtiment du Théâtre national d’Haïti (TNH) débutés l’année dernière sont interrompus depuis plusieurs mois. Une subvention de 10 millions de gourdes a été allouée pour ces travaux. Le directeur général du Théâtre national, Frantz Jacob, a affirmé qu’il n’avait reçu seulement qu’une partie de cet argent.
Les autorités gouvernementales avaient alors suggéré la réalisation de travaux légers du fait que la zone était classée à risque. « C’est pour cette raison que nous avons envisagé de faire des travaux sur la cour dans le but d’accueillir des évènements en plein air. Ces travaux ne peuvent pas se poursuivre pour cause de financement », a affirmé M. Jacob, joint au téléphone.
La Direction générale du Théâtre national se dit consciente de son incapacité de concourir à la rénovation du bâtiment en raison de ses faibles revenus. Actuellement, aucun spectacle ne peut s’y tenir. Le podium est fragile. L’environnement immédiat de l’établissement répugne. Le Théâtre national ne peut pas endosser la responsabilité d’assainir la zone. Une mission qui est du ressort du ministère des Travaux publics, estime Frantz Jacob qui croit que le Théâtre national rénové devrait être uniquement à la disposition des riverains. Le gouvernement a intérêt à construire d’autres centres d’accueil culturels un peu partout dans le cadre d’une politique d’infrastructures culturelles, selon lui.
« Pour le moment, il existe très peu d’espoir pour la réfection totale du Théâtre national. Dans la feuille de route du ministère de la Culture concernant la rénovation des bâtiments culturels publics, le local du Triomphe précède celui du Théâtre national », fait remarquer le responsable qui en profite pour faire le point sur ses principales responsabilités.
« Pour l’instant, nous entreprenons des activités liées à notre mission et qui s’inscrivent dans le cadre du projet en cours baptisé : Théâtre à l’école. Nous l’avons commencé depuis janvier de l’année dernière. Un autre projet, Théâtre forum, est à caractère développementiste. On va commencer avec la Cité de Dieu. On entend également faire la détection des talents. On pourra encadrer les jeunes acteurs à l’avenir », déclare Frantz Jacob, directeur du Théâtre national.
L’ancien directeur du Théâtre national, Daniel Marcelin, révèle avoir élaboré un rapport à l’intention du ministère de la Culture et dans lequel des propositions claires ont été formulées dans le but de restaurer le local et de définir une fois pour toutes une politique pour l’institution. Selon le comédien, directeur du Petit Conservatoire, « il conviendrait de placer un technicien à la tête de l’institution qui accueille un metteur en scène ayant pour mission, entre autres, d’auditionner des pièces. Les meilleures pièces seront sélectionnées pour être montées et produites durant une saison. Il faudra motiver et dynamiser le personnel de l’institution ». Daniel Marcelin rappelle également qu’il avait sollicité un budget de création pour le Théâtre national.