(voir édition du 11 janvier)
2.6.Défis sur le plan de transport touristique
En ce qui a trait au transport aérien, il faut :
Encourager ou promouvoir une plus grande ouverture d’Haïti sur le reste du monde en supportant la création de compagnies charters afin de favoriser l’augmentation des flux touristiques vers Haïti ;
Susciter davantage le développement de la desserte aérienne d’Haïti par des vols réguliers et des vols directs à partir des marchés émetteurs (États-Unis, Canada, etc.) vers les principales villes touristiques d’Haïti (Cap-Haïtien, Cayes, Port-au-Prince, Jacmel, etc.);
Améliorer la qualité de l’accueil dans nos différents aéroports et postes frontaliers ;
Appuyer éventuellement les lignes locales ou régionales, et les aider à poursuivre leur rôle de locomotive et de vecteur de croissance pour l’activité touristique interne.
En ce qui a trait au transport terrestre, il faut :
Revoir les textes réglementant l’exploitation des « véhicules de transport touristique », décret du 9 février 1976 accordant le privilège exclusif du transport touristique à l’Office National du Tourisme ;
Améliorer les différents modes de transport touristique qui ne répondent plus aux normes internationales ;
Renforcer les moyens de transport terrestre en appliquant les mesures incitatives à l’investissement et à l’importation de véhicules de transport dédiés exclusivement à l’activité touristique (art. 37, 38 du Code des investissements de novembre 2002).
2.7.Défis sur le plan d’animation et d’accueil touristique
Renforcer la politique d’animation par la mise en place de façon périodique de festivals (festival national de troubadours, festival de théâtre populaire, festival national de tambours, etc.), et de développement de créneaux porteurs tels que : les parcs de jeux, les golfs, les clubs de sport et les rues ou voies piétonnières animées (Axe Sans-Souci/Citadelle, etc.) ;
Professionnaliser/améliorer l’accueil au niveau des aéroports et des postes frontaliers par l’installation de stands bien équipés de nature à faciliter l’entrée et le séjour des visiteurs en Haïti.
2.8.Défis sur le plan de la promotion du produit touristique haïtien
Adopter une politique de régionalisation de la promotion et de l’animation (cas de la Jamaïque pour Montigo Bay et Ocho Rios, du Mexique pour Cancún et Cozumel, etc.) afin de pouvoir cibler au mieux les marchés porteurs en fonction de l’offre de chacune des destinations nationales concernées;
Augmenter le budget promotionnel du ministère du Tourisme à la hauteur de ses principaux objectifs de manière à ce qu’il puisse répondre efficacement aux exigences de sa mission ;
Diversifier l’offre touristique haïtienne et valoriser l’écotourisme, le tourisme d’affaires par l’édification de palais de congrès, musées, salles de convention, salles de spectacles, salles de conférence, salles d’exposition dans les principales villes touristiques du pays ;
Instituer un salon national du tourisme, lieu de rencontre et/ou d’exposition des différentes offres du secteur et interface non négligeable entre les principaux partenaires ;
Supporter des initiatives conjointes à l’instar de la « Foire des régions/salon des cadeaux » qui pourront servir de vitrines pour la promotion des offres touristiques locales ;
Inciter les touristes nationaux à s’adresser aux tours opérateurs haïtiens pour bénéficier de meilleures conditions tarifaires dans les établissements d’hébergement ;
Créer un site Internet fédérateur efficace qui pourra regrouper l’ensemble des offres des partenaires touristiques haïtiens.
2.9.Défis sur le plan de la Coopération touristique
Accentuer et poursuivre les efforts déployés sur la scène touristique internationale dans le cadre de la coopération multilatérale par une participation encore plus active aux différentes manifestations et réunions de ces organisations en vue de tirer le meilleur profit des expériences d’autrui et des opportunités de coopération offertes par nos divers partenaires tels l’OMT, la CTO, la BID, l’OEA, l’USAID, l’AEC, etc. ;
Etablir formellement des rapports de « multi-destination » avec nos voisins immédiats de la zone (République dominicaine, Cuba, Bahamas, Jamaïque, etc.), grands récepteurs de touristes internationaux ; et ce, dans l’optique de pouvoir vendre conjointement une diversité de produits pour une destination unique : la Caraïbe.
Conclusion
La période touristique allant de 1995-2009 a certes été marquée par une pluralité de visions et logiques en faveur du tourisme. Elle a également connu un ensemble de réalisations non négligeables ; cependant d’autres défis majeurs doivent être encore mis en évidence de manière à pouvoir exploiter, dans les normes, notre immense potentiel touristique. Pour parvenir donc à relever les défis de la décennie 2010-2020, il faut œuvrer avec sérieux et célérité à lever les handicaps en termes d’investissements touristiques, maintenir une réelle stabilité sociopolitique, aménager le cadre légal au nouvel environnement du secteur touristique, promouvoir une meilleure implication des partenaires locaux et régionaux, procéder à la formation continue et alternée des opérateurs touristiques, et améliorer la qualité de l’offre touristique nationale. Ceci étant, et compte tenu de son caractère transversal, le tourisme peut contribuer à atteindre nos différents objectifs, à savoir : la croissance économique, la réduction de la pauvreté, l’apaisement social et la quête de développement économique et social au profit de la population.