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| Antona Nortimé du POHDH |
Ce 29 mars ramenait le 24e anniversaire de la Constitution haïtienne de 1987. Garante de la démocratie, cette constitution préconise les libertés fondamentales, le respect de la liberté de conscience et de religion, de la liberté d'opinion, le droit d’association, le droit à l’éducation. Selon des observateurs, ces prescrits constitutionnels sont foulés au pied par ceux-là mêmes qui devraient veiller à leur application.
Le contexte du vote de la Constitution de 1987, dit-on, est révolu. Mais nombreux sont les articles qui tardent à se traduire dans la réalité. L’accès aux soins de santé, à l’éducation, aux logements décents, reste encore un rêve que chaque Haïtien caresse vainement. Le bilan des 24 ans de la Constitution de 1987 dressé par la Plate-forme des organisations haïtiennes de droits humains (POHDH), en témoigne. Le constat est sombre. Les représentants du pays utilisent cette constitution à leurs propres fins.
L’Éducation primaire, encore un luxe
L’enseignement primaire gratuit prôné par la Constitution de 1987 est, jusqu’à présent, un leurre. La situation scolaire des enfants s’aggrave de jour en jour. L’éducation ne semble pas être l’un des grands soucis des dirigeants qui se sont succédé depuis au pouvoir, en dépit des engagements pris à Jomtien et à Dakar dans le cadre de l’Éducation pour tous. Les écoles publiques représentent seulement 20% de l’ensemble des établissements scolaires du pays. La population est encore analphabète à un pourcentage majoritaire : 52%. Et seulement soixante pour cent (60%) des enfants haïtiens ont la possibilité d’accéder à l’enseignement primaire.
D’après une étude réalisée par le Fonds des Nations unies pour l’enfance (Unicef), près de 600 000 enfants haïtiens n’ont toujours pas accès à l’éducation. Pire, c’est que la majorité de ces enfants, soit 375 000, sont âgés entre six (6) et douze (12) ans. Donc, des enfants qui devaient, en principe, être encore à l’école primaire sous l’égide de l’État haïtien, conformément aux prescrits de la Constitution de 1987. Selon l’article 32, deuxième alinéa de cette constitution, la première charge de l’État, y compris les Collectivités territoriales, est la scolarisation massive. Mais l’impression persiste que la scolarisation est le cadet des soucis des dirigeants.
Selon les responsables de la Plateforme des organisations haïtiennes de droits humains (POHDH), le manque d’établissements scolaires publics résulte de l’application de la politique néolibérale en cours dans le pays. La POHDH recommande aux autorités publiques d’assumer leurs responsabilités constitutionnelles.
Selon un rapport du Réseau national de défense des droits humains (RNDDH), nombreuses sont les personnes arrêtées pour des délits mineurs et sont maintenues en prison durant plusieurs années, avant d’être jugées. Ce qui constitue une violation des droits de ces individus. Les interventions des différents gouvernements pour remédier à cette situation n’ont toujours pas les effets souhaités et la Constitution de 1987 continue de faire l’objet de violations au quotidien.
Pour des étudiants de la faculté de Droit et des Sciences économiques de l’Université d’État d’Haïti, l’âme même de la loi mère est constamment bafouée par des politiciens sans vergogne.