Le Conseil de sécurité de l'Onu a décidé, mercredi 28 septembre, de transférer la candidature d'adhésion palestinienne au comité des adhésions du Conseil qui se réunira vendredi 7 octobre. Pour Mahmoud Abbas, président de l’Autorité palestinienne, ceci représente un grand pas en avant. « Votre soutien à la création de l'État de Palestine et à son admission aux Nations unies en tant que membre à part entière est la plus grande contribution à l'élaboration de la paix en Terre sainte », annonçait-il, dans un discours à l’Onu. Mais, dans l’impasse où se trouve actuellement le conflit israélo-palestinien, la paix n’est pas à portée de main. Loin de là.
D’abord, la demande d’Abbas, forte comme elle est symboliquement, n’a aucune chance d’aboutir. L'ambassadeur israélien à l'ONU, Ron Prosor, a déclaré mercredi 28 septembre que la Palestine ne « deviendra pas le 194e État à l'ONU ». En effet, même si les Palestiniens obtiennent les neuf voix sur quinze nécessaires au Conseil de sécurité, les États-Unis ont déjà annoncé qu’ils opposeraient leur veto.
La direction palestinienne a fait savoir qu'en cas d'échec au Conseil, elle pourrait user de l'option d'un vote direct à l'Assemblée générale où une majorité leur est acquise et qui pourra leur conférer un statut amélioré « d'État observateur non membre ». Mais ce vote, qui leur donnera accès à certains organismes internationaux, ne changera presque rien sur le terrain. Israël contrôlera toujours le territoire palestinien, laissant donc les Palestiniens « insatisfaits et mécontents après l’euphorie initiale » (New York Times).
S’ajoutera à ce mécontentement une hostilité grandissante pour Israël, qui jusque là a complètement rejeté la démarche d’Abbas. Dans les heures qui ont suivi le dépôt de la candidature palestinienne, le Quartette pour le Proche-Orient (USA, UE, Onu, Russie) a proposé aux Israéliens et aux Palestiniens de reprendre des pourparlers de paix, gelés depuis un an, avec l'objectif d'aboutir à un accord final fin 2012 (AFP). Mais cette proposition, que doit « étudier » la direction palestinienne dans les prochains jours, ne mentionne pas explicitement le gel de la colonisation réclamé par les Palestiniens.
Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu a même laissé entendre qu'il n'avait pas l'intention de décréter un nouveau gel de la colonisation en Cisjordanie et à El-Qods-Est pour tenter de convaincre les Palestiniens de relancer des négociations. Au contraire, mardi 27 septembre, le ministère israélien de l'Intérieur a annoncé avoir approuvé la construction de 1 100 nouveaux logements dans le quartier de colonisation juive de Gilo à El Qods-Est occupé et annexé. La France, comme plusieurs pays occidentaux, a qualifié cette décision, qui « apparaît comme une provocation », de « contreproductive ».
Comme l’a signalé la secrétaire d’État américaine, Hillary Clinton, « chaque côté continue de penser que l'autre partie n'a pas l'intention de négocier ». Et rien ne signale que cela va changer. En effet, depuis que le président Obama a pris le pouvoir, les seules négociations directes qui ont eu lieu entre le Premier ministre d’Israël, Benjamin Netanyahu, et M. Abbas on duré moins de deux semaines en septembre 2010.
Pour sa part, le mouvement palestinien Hamas a insisté sur la nécessité de poursuivre le dialogue inter palestinien en vue de parvenir à une "stratégie commune" concernant l'Etat palestinien pour faire face aux pressions américaines et sionistes (AP). Parallèlement, 70% des Palestiniens croient que, si on ne se sort pas rapidement de cette impasse, il y aura une nouvelle intifada (NYT). La stratégie nécessaire sera donc t’elle un soulèvement populaire comme ceux de 1987 et 2000 ? Allons-nous voir, dans les mois à venir, la fin de l’impasse et le début d’une nouvelle intifada ? Rien n’est certain, mais ceci est très probable.