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Pour qu’on n’oublie jamais !!
Partout à travers le pays, les gens se sont organisés pour honorer la mémoire des 300 mille victimes disparus lors de ce 12 janvier fatidique. Catholiques, protestants, toutes confessions de foi confondues, ont commémoré cette date qui n’est pas encore effacée de leur mémoire. Réunions de prière, messe de requiem, marche, sont autant d’activités réalisées pour se souvenir d’un parent, d’un ami, de ces milliers de gens disparus au cours de cette catastrophe.
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Mais jusqu’à quand s’en souviendra-t-on ?
Des milliers de gens de toutes religions se sont mobilisés pour commémorer cette date fatidique. On revit l’effroi de cette dure journée qui a frappé Haïti dans ses entrailles. Certains ont prié. D’autres ont pleuré. C’est une journée de congé. Une journée de deuil national pour honorer la mémoire de tous ceux qui ont disparu en ce jour. Certains établissements scolaires ont fait venir les écoliers pour réfléchir sur les risques sismiques et les comportements à adopter, d’autres ont dit la messe comme dans les Eglises catholiques par exemple. Ils ont remis les morts à Dieu. Les Eglises protestantes ont jeûné. Chacun a, d’une manière ou d’une autre, fait son deuil en ce jour.
Le séisme du 12 janvier 2010 a été comme une surprise, un événement inédit pour plus d’un. Pourtant le pays a toujours été soumis à la menace constante de tremblement de terre. Mais comme le rappelle l’ingénieur-géologue Claude Prepetit, nous avons un problème de mémoire collective et nos institutions ne savent pas encore remplir leur plus grande fonction qui est de pérenniser cette mémoire. Il a fallu attendre cette date terrifiante pour que tout remonte à la surface, pour qu’on sache qu’Haïti est un pays à risque sismique et que dans le temps, de forts séismes avaient déjà ravagé ce coin de terre.
Lors du tremblement de terre dévastateur du 3 juin 1970, voici ce que rapporte Moreau de Saint-Méry : « des parties de montagnes s’écroulent… les édifices les plus superbes et qui paraissaient les plus solides s’ébranlent, perdent leur aplomb, se décomposent et s’écroulent avec un horrible fracas… sous les débris de bois, de pierres et de meubles fracassés qui jonchent l’emplacement des maisons, des voix chères crient au secours, des mourants râlent, des blessés suffoquent sous les décombres… ». Mais on a oublié. Les rares efforts qui ont été consentis avant le 12 janvier n’ont pas été suffisants pour mettre en garde cette population qui déplore encore la mort de ces filles et fils deux ans après.
De 1701 à 1996 le pays a connu plus de 22 tremblements de terre. Les plus dévastateurs sont celui de 1701 d’une magnitude de 7, ceux de 1751 et de 1770 de magnitude 7 qui détruisirent Port-au-Prince et ses environs, celui de 1842 qui ravagea le Cap-Haïtien. L’ingénieur Claude Preptit comme beaucoup d’autres spécialistes n’avaient eu de cesse avant le 12 janvier 2010 de rappeler que là où un séisme s’est produit dans le passé il s’y reproduira. Mais la menace n’a pas vraiment été prise en compte par les autorités jusqu’au 12 janvier. « C’est consternant de voir que cette grande mobilisation haïtienne et internationale qui a suivi la catastrophe, s’oublie au fur et à mesure », Claude Prepetit se demande si on s’en souviendra encore dans cinq ou dix ans !
La menace sismique en Haïti, hier, aujourd’hui et demain est le titre du second ouvrage de Claude Prepetit qu’il devait signer le mercredi 11 janvier dernier. C’est un livre de près de 300 pages dans lequel il retrace l’histoire des séismes en Haïti. M. Prepetit, dans les trois parties de ce livre présente les différentes initiatives entreprises avant le 12 janvier pour mettre en garde contre un éventuel séisme dans le pays, il fait une chronique de la journée du 12 avec une carte d’identité du séisme, puis revoit toutes les dispositions prises pour que la menace ne soit plus oubliée, d’où le titre secondaire de son œuvre. L’ingénieur-géologue veut croire que ce livre sera pour chacun autant que nous sommes, un livre de chevet et qu’il puisse contribuer à la perpétuation des faits qui se sont produits en cette journée du 12 janvier.
Mais l’ingénieur est perplexe, comme beaucoup d’autres observateurs. Il n’est pas convaincu que la mémoire collective gardera encore le souvenir de ce tragique évènement au cours des prochaines années malgré des efforts consentis à certains niveaux. Au fait, rien d’autres sinon les institutions étatiques n’est apte à perpétuer ces faits pour que les générations futures s’en souviennent. Si beaucoup d’activités sont organisées au cours de la journée de ce 12 janvier 2012 pour commémorer et remémorer 2010, c’est juste que les souvenirs sont récents et que le spectre des dégâts immenses causés par ce cataclysme n’arrive pas encore à s’effacer, s’il faut croire certains analystes.
Mais jusqu’à quand s’en souviendra-t-on ? Voilà la question que se pose plus d’un. Jusqu’à ce que les responsables en deviennent conscients, jusqu’à ce que les institutions se mettent à perpétuer la mémoire collective, jusqu’à ce que chacun de nous sache enfin respecter les normes établies et que l’on se batte pour une Haïti meilleure. Jusqu’à ce que nous sachions tirer des leçons du passé pour mieux vivre le présent et pour qu’on n’oublie jamais !!
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