102è Année - Un siècle d’information - www.lematinhaiti.com - Dernière mise à jour : 13/02/2014 14:53:09   28 Jul 2014-16h27
Le calvaire des Haïtiens en République dominicaine
Si au sommet de l’État les relations entre Haïti et la République dominicaine sont des plus harmonieuses, au niveau de la population rien ne va plus pour les Haïtiens vivant en territoire voisin. Au contraire, la situation de ces derniers semble se détériorer davantage, notamment avec les dernières décisions du gouvernement dominicain d’enlever la nationalité dominicaine aux descendants d’Haïtiens.
Des coupeurs de canne
Depuis quelque temps, les relations entre dirigeants haïtiens et dominicains donnent l’impression que tout est beau fixe entre les deux peuples. Pourtant, selon les organisations de défense des droits humains, les ressortissants haïtiens en République dominicaine continuent de connaître des moments difficiles. Selon la coordinatrice du Groupe d’appui aux refugiés et aux rapatriés (Garr), Colette Lespinasse, les mauvaises pratiques d’antan continuent de plus belle.

D’après Madame Lespinasse, les déportations arbitraires n’ont pas cessé. Les problèmes de discrimination demeurent encore et les abus perpétrés envers les Haïtiens, soit par les policiers et des militaires dominicains, soit par des civils, sont encore criants. Selon le Garr, pour la seule année 2011, plus de 15 mille Haïtiens ont été déportés vers Haïti. Pour le premier trimestre de l’année 2012, le Garr ne dispose pas encore de chiffres, mais à en croire Colette Lespinasse, rien n’a changé.

Abus !

Les Haïtiens sont en butte à tous les abus en République voisine. Et les organisations des droits humains en sont conscientes. Madame Lespinasse affirme avoir été témoin d’une scène opposant des étudiants haïtiens aux autorités dominicaines d’immigration autour du problème de visa. Les agents de l’immigration réclamaient le paiement d’un frais à tout haïtien traversant la frontière et ayant passé plus de quatre mois en République dominicaine. Cette décision n’épargne pas les étudiants, bien qu’ils soient munis d’un visa d’étudiant. Ce qui, de l’avis de Colette Lespinasse, est inadmissible. « Car, explique-t-elle, on ne peut pas demander aux étudiants d’entrer en Haïti tous les quatre mois. » Elle souhaite que ce problème soit résolu au niveau des ministères des Affaires étrangères des deux pays.

Outre cela, cette année, la situation des migrants haïtiens en République voisine semble avoir empiré, nous dit Collette Lespinasse, avec les dernières décisions du gouvernement dominicain de déchoir les descendants des Haïtiens de la nationalité dominicaine, ce qui empêche ces derniers de jouir pleinement de leurs droits en tant que dominicains.

Dans cette perspective, Colette Lespinasse se dit étonnée de voir que les autorités haïtiennes ont paraphé un ensemble d’accords sans prendre en compte la question migratoire qui a été toujours à la base des relations entre les deux pays. La militante des droits humains dénonce, par ailleurs, le fait que les dirigeants haïtiens aient signé ces accords sans consulter les organisations des droits humains qui, pour la plupart, ont déjà travaillé sur certaines thématiques faisant aujourd’hui partie des accords entre les deux États. Elle a en outre déploré que le président haïtien ait refusé, lors de son passage République voisine, de rencontrer les représentants de la communauté haïtienne. Tandis que l’invitation avait déjà été lancée et que certaines organisations s’apprêtaient à le rencontrer en vue de lui soumettre leurs cahiers de doléances.

Dans la même veine, Madame Lespinasse a tenu à apporter certains éclaircissements sur l’affaire de Roodeline Lindor. Cette jeune étudiante de vingt ans a été assassinée par deux Dominicains après qu’ils l’eurent dépouillée d’une somme de vingt mille pesos qu’elle trimballait pour affermer une maison. D’après collette Lespinasse, aucun jugement n’est encore prononcé sur cette affaire. Toutefois, le dossier poursuit son chemin car, affirme-t-elle, à partir d’une communication qu’elle a eue avec Me Barbara Suarez, responsable de l’assistance légale du Service jésuite des refugiés en République dominicaine, les audiences préliminaires ont pris fin depuis le 27 mars 2012, mais le jugement de fond n’est pas encore réalisé et les présumés coupables sont toujours sous les verrous.

La Commission bilatérale dans le collimateur des organisations des droits humains

Après la remise en place de la commission mixte bilatérale, les organisations de défense des droits humains sont montées au créneau pour réclamer la transparence et la reddition de comptes concernant la gestion du fonds bolivarien de solidarité avec Haïti. 500 millions de dollars américains sont en jeu.

En ce sens, le Garr, de concert avec d’autre organisations partenaires, dont le Service jésuite pour les refugiés, a formulé des recommandations claires à la commission. À travers une note rendue publique, ces organisations signataires croient que la question des relations haïtiano-dominicaines n’est pas uniquement celle des deux présidents. Pour cela, la Commission requiert un secrétariat avec un siège stable, un personnel technique et la participation permanente de la société civile des deux pays.

L’agenda bilatéral de la Commission doit inclure une stratégie pour la gestion des flux migratoires sur l’île, en considérant les éléments suivants : 1) admettre un recours judiciaire obligatoire lors des déportations ; 2) assurer un processus transparent, rapide, effectif et accessible de la documentation en vue de la régularisation migratoire ordinaire ; 3) mettre en marche un programme spécial de régularisation de migrants reconnaissant les droits acquis, en particulier ceux des travailleurs, étudiants en conformité avec l’article 151 de la Loi migratoire 285-04.

La Commission doit amener à la frontière dominico-haïtienne une structure civile pour promouvoir l’institutionnalisation, les bonnes relations et le respect des droits humains dans une région où ont été documentées des violations systématiques, depuis la traversée incontrôlée des personnes, en passant par les pots-de-vin pour tolérer la contrebande de marchandises d’un pays à l’autre, jusqu’à la traite et au trafic de migrants.
Noclès Débréus
nonohaiti2007@yahoo.fr
Commentaires des lecteurs
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le neveu | 09/04/2012
On n'a qu'à demander au Décoré, lui qui a tant fait pour la RD, d'intervenir auprès de ses amis afin que les droits de ceux qui ont un passeport haïtien et qui vivent de l'autre côté soient respectés. Même si les autorités haïtiennes ne respectent pas ceux des Haïtiens vivant en Haïti. Ce sera un écart ou un accroc à la Diplomatie d'affaires, mais c'est nécessaire.
 
Kamoken | 09/04/2012
Rat mode soufle decrit les relations entre les deux pays. Les responsables politiques dominicains tirent des avantages economiques enormes d'Haiti. Ceci se fait alors que nos congeneres sont maltraites, exploites et victimes d'une politique larvee d'exclusion par les autorites dominicaines. Nous leur faisons des concessions sans defendre nos interets. C'est triste.
 
Petit Toussaint | 09/04/2012
C'est vraiment ridicule que les autorités haitiano-dominicaine s'elogent de ses bonnes relations pendant que la situation migratoire des haitiens en republique domincaine est pire: la Direction Generale de la Migration (DGM) refuse de livrer des residence aux citoyens haitiens,c'est vraiment dificil d'aquerir un visa d'etudiant. Et les bateys!!!!!!
 
le neveu | 09/04/2012
Bateys!!!!!!??? Bon. Le mot français, c’est atelier. Comme au temps de l’esclavage. Oui, oui, je sais. Il y a quelques innovations technologiques. T’en donne 2. Petit.a-Impossibilité de marronner. Ptit.b-Paiement de misère en coupons, qui ne permettent d’acheter que dans les magasins de la compagnie, où les prix sont gonflés. Du commerce à main armée, quoi. = Les étudiants. Le problème pour les Dominicains est de concevoir que des Haïtiens puissent être sur un Campus et pas dans un Campo! Ils traversent la frontière pour nous égorger. Va pas me dire qu’ils vont se gêner quand ils sont chez eux!
 
la victime | 09/04/2012
tu parlez de''calvaire!!!!tu ne te crois pas si bien dire je suis étudiante et je peux temoigner de ce que l'on souffre ici, le consul haitien ici est un porc que les dominicains ont acheté avec du son de blé, il ne voit ni n'entend,le cri de nos compatriotes dans les bateys. on est piegé partout, a l'ecole, dans le bus, dans la rue..haiti cheri,mpreske fini...
 
STAND7 | 10/04/2012
le consulat haitien les employes ce sont des voleurs nous ne pouvons pas avoir un passeport rapide ca dure 2mois ou 6mois alors ou esp passer les reponsables de notre pays
 
 
 
 
 
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