102è Année - Un siècle d’information - www.lematinhaiti.com - Dernière mise à jour : 17/05/2013 19:17:43   18 May 2013-16h29
Laurent Lamothe gagne un premier set
Laurent Lamothe saute un premier écueil. L’étape du Sénat n’aura pas été pas si embrouillée pour le bon ami du président Michel Martelly. Dix-neuf sénateurs pro gouvernementaux ont imposé leurs quatre volontés au cours de cette séance qualifiée de piteuse par certains politiques. Huit heures de débats pour le moins sulfureux auront suffi aux pères conscrits pour débroussailler le dossier du prétendant à la primature. La Chambre des députés sera-t-elle plus difficile ?
Le PM Laurent Lamothe
La séance du mardi 10 avril s’est déroulée sur fond d’énervement, d’agitation et de nervosité. Andris Riché, Maxime Roumer, Jean-Baptiste Bien-Aimé, Joseph Lambert ont marqué, à leur façon, cette fameuse séance. Des actes grossiers. Des propos orduriers, voire grivois, ont émaillé certaines interventions. L’hostilité était de rigueur. L’antagonisme à son plus haut niveau. Les pro et les anti-Lamothe ont enflammé la cité de l’Exposition malgré la pluie de ce mardi soir.

Tout a commencé avec l’intervention du sénateur de la Grand-Anse, fraîchement rentré d’une mission en Ouganda, le soir précédent la séance de la ratification. Survolté dans ses prises de positions. Attaquant presque tout le monde, sauf les siens de l’Alternative. Accusation de part et d’autre. Propos souvent irrévérencieux. Excuses à tout bout de champ. Andris Riché n’a épargné même le président du Sénat.

Chut ! Huis clos. Le premier sénateur de la Grand-Anse n’était pas au pays. Il ne maîtrise pas encore la réalité du terrain. Il doit être informé, laisse entendre un sénateur assis jusqu’au fond. Le rythme du débat est cassé. Le temps des chuchotements. Des tête-à-tête. Les issues des négociations. Les dessous des différentes rencontres tenues entre Laurent Lamothe et les sénateurs.

Dans l’intervalle, employés, journalistes, chauffeurs et agents de sécurité de parlementaires ne parlent que d’une seule chose : le grand moment des arrosages. La largesse du prétendant à la Villa d’Accueil. De déboursement de fortes sommes.

De retour du huis clos, une grande bourde allait marquer cette séance. Un propos irrévérencieux du sénateur Maxime Roumer, homme généralement sage et peu loquace. Ce soir-là, il était sorti de ses gons. En bon défenseur du candidat à la primature, le sénateur Roumer s’en est pris à tous ceux qui s’opposaient à son ami Lamothe. Dans sa colère, la mère du président Desras en a eu pour son compte.

Le forcing de Steven Benoit Le sénateur Steven Benoit a fait feu de tout bois pour démantibuler le rapport de la commission chargée d’étudier les documents du Premier ministre désigné. Dossier en main. Chiffres à l’appui. Photocopie de passeports. Sceaux d’entrée et de sortie. Malgré tout, les pro Lamothe, véritables défenseurs et poids lourds de cette législature, ont tout fait pour mettre M. Benoit et consorts en déroute.

Laurent Lamothe a utilisé le passeport no1 (validité de 2005 à 2008, donc périmé en 2008) pour rentrer en 2011 en Haïti. Or il détenait deux autres passeports expirant en 2012. Ce même passeport no 1enregistre huit sorties d’Haïti par M. Lamothe et seulement quatre rentrées. Passeport no 4, huit entrées et cinq sorties. Trois sorties non documentées ou enregistrées, lit-on dans le deuxième addendum rendu public le mardi 1er avril dernier.

Toujours le même type d’énigme portant à se demander si M. Lamothe n’a pas utilisé un document de voyage autre qu’un passeport haïtien pour ces trois sorties. Passeport no6, valide du 3 mai 2011 au 2 mai 2016 (FL2529494), poursuit le rapport partiel à la page 2. Il ne figure pas dans le système informatisé du service d’Immigration et d’Émigration. Autre mystère, le Premier ministre désigné n’a séjourné que cent six jours en Haïti au cours des cinq dernières années.

La parade des pro Lamothe
Dans la petite salle qui abrite le Sénat au Bicentenaire, les sénateurs proches du président Martelly ont déballé toutes les arguties possibles pour prouver que leur candidat réponde aux exigences de l’article 157 de la Constitution. En dépit du fait que la commission chargée d’enquêter sur la nationalité des membres du gouvernement ait demandé de surseoir à la ratification de M. Lamothe.

Wencesclas Lambert, frère cadet du fin négociateur et sénateur en fin de mandat Joseph Lambert, a eu le courage de banaliser le fait que Laurent Lamothe n’ait pas été en règle avec le fisc. Ce dernier, alors Premier ministre désigné, a payé le 5 mars de l’année en cours les impôts pour les cinq dernières années. Ce n’est rien. L’essentiel, c’est qu’il a tout payé. Alors qu’on sait pertinemment que ne pas payer les impôts est un crime.

Le troisième sénateur de l’Artibonite, comme d’habitude, s’impose en bon professeur de droit. Il s’est bien amusé à apprendre aux pères conscrits certaines notions élémentaires. Youri Latortue, grand défenseur du ministre démissionnaire des Affaires étrangères, a rejeté d’un revers de main les arguments du sénateur Steven Benoit et le deuxième addendum de la commission d’enquête sur la nationalité, commission dont il est membre.

Irrégularités. Manquements. Le dossier de M. Lamothe semble être entaché d’anomalies. Malgré tout, il est habilité à poursuivre sa course vers la Villa d’accueil. Les yeux sont pour l’instant rivés sur la Chambre des députés. Les négociations sont déjà entamées. Elles vont bon train pour le Premier ministre désigné. Les chefs de certains blocs reconnaissent déjà une probable victoire de Laurent Lamothe à la Chambre basse. Mais, se demande-t-on avec raison, aura-t-il la partie facile dans une chambre où il n’y a pas de députés en fin de mandat ?
Joseph Chanoine Charles
cjchanoine@yahoo.fr
Commentaires des lecteurs
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Leonidas | 13/04/2012
Aucun tie break prevu : 6-0 , 6-0 , 6-0.
 
le neveu | 30/04/2012
C'est normal. Les enveloppes sales ont sali les langues. On ne protège pas les intérêts de pays. On défend ses intérêts et ceux de son ami. Surtout si cet ami vous a donné une partie des biens du pays. Merci Anacassis, qui a laissé entendre que tout le monde avait reçu sa part et à qui aucun journaliste n'a posé aucune question. En as-tu reçu et combien? De retour des USA, éloge du chef aux membres du quatrième pouvoir. Devenu pouvoir au moment de sa soumission.
 
 
 
 
 
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