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L’échéance du 8 mai peut soulever peur et nostalgie chez certains, joie et sentiment de débarras chez d’autres, mais il demeure un fait que c’est une importante institution de la République qui se verra amputée d’un tiers de son effectif. Dix sénateurs doivent partir, qu’ils le veuillent ou non. Mais entre-temps, les agendas de dernière heure, les négociations in extremis et les ultimes collusions s’activent. La date fatidique du 8 mai, qui ne permettra aucune prolongation, influence déjà le travail du Parlement. |
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L’échéance du 8 mai peut soulever peur et nostalgie chez certains, joie et sentiment de débarras chez d’autres, mais il demeure un fait que c’est une importante institution de la République qui se verra amputée d’un tiers de son effectif. Dix sénateurs doivent partir, qu’ils le veuillent ou non. Mais entre-temps, les agendas de dernière heure, les négociations in extremis et les ultimes collusions s’activent. La date fatidique du 8 mai, qui ne permettra aucune prolongation, influence déjà le travail du Parlement.
La date des élections pour remplacer les dix sénateurs n’est pas encore connue. On a même l’impression que ce sujet n’est pas à l’ordre du jour. Entre le dossier houleux de la ratification du Premier ministre, la délicate question des hommes en treillis et maintenant la maladie du président de la République, l’exécutif semble ne pas trouver le temps de parler d’élections. Pour former un nouveau Conseil électoral provisoire (ou permanent), élaborer et faire voter une nouvelle loi électorale (avec ou sans la loi sur les partis politiques), fixer un nouveau budget et un calendrier électoral, l’exécutif a besoin de temps, d’ouverture et même de sérénité.
Même les sénateurs qui laissent le Sénat avec l’idée d’y retourner n’ont pas idée de la date probable des prochaines élections. Michel Clérié, sénateur sortant de la Grand-Anse, admet n’avoir aucune idée précise de la date de ces joutes qui le concerne au plus haut point. « Je veux croire que ces élections ne se feront pas avant novembre. Elles peuvent aussi se tenir vers septembre ou octobre, même 2013 est possible… », nous a dit le sénateur, qui souligne ensuite que ses prévisions ne dépendent que de ses propres analyses. L’élu de la Grand-Anse dit toutefois qu’à son avis, il n’existe aucune raison valable qui empêcherait la tenue des élections au cours de cette année.
Presque tout ce qui se fait aujourd’hui au Sénat de la République a rapport aux prochaines élections. Les enjeux de la réélection animent les sénateurs sortants, c’est le temps des bilans personnels et des repositionnements politiques. Il est intéressant de noter que la majorité des dix sénateurs sortants sont de ceux qui ont le plus marqué le Grand Corps au cours des dernières années. Dans le bon comme dans le mauvais sens.
Sans tous les citer, on dira que Youry Latortue est l’un des parlementaires les plus productifs en termes de travail législatif. Joseph Lambert s’est, pour sa part, distingué par son leadership et son image de stratège incontournable. Edmonde Beauzile, en plus d’être la seule femme de ce corps, s’est fait remarquer par ses travaux dans l’éducation et ses prises de parole modérées même dans les séances les plus surchauffées. Kelly Bastien, qui a présidé le Sénat, peut aussi se vanter de la technicité de ses positions et explications en plus d’avoir à son actif la loi sur les frais scolaires. Evalière Beauplan, qui a porté le flambeau de la protestation anti-Bernard Gousse, a pu se faire une voix au sein d’un « Groupe des 16 » dont l’histoire n’aura certes pas été longue. Rodolphe Joazile, après avoir dirigé la commission Justice et Sécurité, a pu accéder au fauteuil présidentiel du Grand Corps. Les séances de ratification les plus houleuses auront été tenues sous sa présidence. Mais sa capacité de dialogue a épargné au pays des échauffourées plus vives entre le Parlement et l’exécutif. En fait, tout ce tiers élu en 2006 a retenu l’attention de la population dans un sens ou dans un autre : Annacacis, avec son franc-parler, Yvon Bissereth, en tant que questeur du corps, Nenel Cassis et Michel Clérié, par leurs silences.
Aucun de ces sortants n’a encore renoncé officiellement à se présenter aux prochaines élections. « Je suis candidat à ma succession et je suis sûr de ma réélection », nous a dit fièrement le sénateur Michel Clérié. « J’ai été élu premier sénateur de mon département, le peuple est satisfait de mon travail et va me réélire », a laissé entendre le représentant de la Grand-Anse, qui espère déposer avant son départ la loi sur le travail de nuit, conjointement avec son collègue Annacacis Jean Hector.
Mais les sénateurs qui s’en vont ne pourront pas tout faire avant 8 mai. Même le destin de Laurent Lamothe dont dépend la réélection de plus d’un sénateur risque d’aller au-délà de mai. Les députés doivent mettre les bouchées doubles pour empêcher que la déclaration de politique générale se fasse devant les 20 sénateurs restants, tandis qu’une majorité absolue de 16 votes est indispensable à l’adoption d’une politique générale.
En attendant cette date que les plus concernés voudraient bien éloigner, les députés gagnent en puissance. Même sans date ni calendrier, les élections imprègnent déjà l’action des parlementaires au point qu’on a parfois l’impression d’être déjà en pleine campagne électorale. Pour le moment, le vide que connaîtra le Sénat ne semble déranger personne, jusqu’à ce que, à la veille du départ, l’un des concernées vienne parler de prolongation en attendant les élections. Pour l’instant, tout le monde veut partir.
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