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| Samyr Lainé en action. |
Le Matin : Samyr, en mars dernier, vous avez participé aux championnats mondiaux Indoor 2012 à Istanbul. Avez-vous réalisé un bon résultat ?
Samyr Lainé : Malheureusement non. Mon objectif était de me qualifier pour la deuxième journée de compétition, mais je n'ai pas pu le faire. Après cette contre-performance, j'ai repris le chemin des entraînements pour travailler afin de m'assurer que ce désappointement ne se reproduira pas. Je sais que je suis tout aussi talentueux que mes compétiteurs.
LM : Quels sont vos prochains agendas avant les JO ?
SL : Avant mon départ pour Londres, j’ai plusieurs rendez-vous sur la scène internationale. Ces compétitions vont m’aider à obtenir le rythme et la confiance pour les Jeux olympiques de Londres. Le 1er mai2012, je serai à Guadeloupe. Le 5, je me rendrai à la Jamaïque, et le 19 à Shanghai mai. Ensuite, je poursuivrai les entraînements jusqu’en juin. Je dois ajouter que je ne suis pas encore certain de mon calendrier pour les mois de juin et de juillet.
LM : Au classement mondial, vous êtes parmi les dix premiers ?
SL : En ce moment, je suis 15e au classement mondial, mais il ne reflète pas ma capacité et mon vrai talent. Je suis sûr que je vais améliorer mon classement durant cette année.
LM : Nous savons que vous êtes un spécialiste en droit. Mais comment faîtes-vous pour concilier votre vie professionnelle et votre vie sportive ?
SL : Je vous félicite pour cette question (rires). Sincèrement, représenter mon pays sur le plan sportif est ma vie et mon travail à plein temps. L’équilibre entre ma vie professionnelle et ma vie sportive ne pose aucun problème : je les harmonise bien. La vie était plus trépidante quand j'étais au collège ou à l'école de droit. Maintenant, je suis béni parce que je suis en mesure de me concentrer pour travailler très dur pour être le meilleur en triple saut. Être le meilleur dans le monde est un emploi à plein temps.
LM : Dîtes-nous, comment préparez-vous les JO ?
SL : Cette année, mes préparatifs sont mieux qu’auparavant. Je suis plus fort que jamais. Je suis plus rapide et plus concentré que jamais. Je sais que tout le travail va être utile quand je commencerai la compétition à Londres.
LM : Après la médaille d’argent de Sylvio Paul Cator en 1928, allez-vous apporter en juillet prochain aux Jeux de Londres une autre médaille au peuple haïtien ?
SL : Mais oui. C'est mon objectif, c'est le seul objectif ! Pas seulement pour moi, mais pour notre pays et pour le peuple haïtien. Quatre-vingt-quatre ans, c’est beaucoup trop long.
LM : Parlez-nous un peu de l’équipe. Vous entraînez-vous ensemble ? Qui sera votre entraîneur à Londres ?
SL : Je suis chanceux, car je m'entraîne tous les jours avec un de mes coéquipiers haïtiens, Josué Louis. Dans le même endroit, il y a aussi un autre coéquipier, Moïse Joseph, qui s’entraîne mais avec un entraîneur différent. Depuis 2007, mon entraîneur est Skeeter Jackson. Il m'a aidé à atteindre le niveau que j’ai maintenant. Mais je dois préciser que nous (mon entraîneur et moi) avons encore beaucoup de choses à améliorer et à accomplir.
LM : Pensez-vous que les quatre autres athlètes peuvent faire flotter haut le bicolore national sur le sol londonien ?
SL : Bien sûr. Je communique souvent avec eux et je sais que nous serons tous prêts à faire honneur au pays cet été. Je travaille tous les jours. Parfois, six jours par semaine. Je crois que les autres font la même chose.
LM : Avez-vous des contacts avec la Fédération haïtienne d’athlétisme et le Comité olympique haïtien ?
S L : Je parle à Jean Édouard Baker, président du Comité olympique haïtien, de temps en temps et avec le secrétaire général quatre ou cinq fois par semaine par e-mail. Le secrétaire général Alain Jean-Pierre est aussi le président de la Fédération haïtienne d’athlétisme et je peux vous avouer qu’il m’aide beaucoup, parce qu’il a le même objectif que le groupe, notre triomphe à Londres.
LM : Le pays n’a pas d’infrastructures sportives adéquates pour pratiquer l’athlétisme. Vous êtes très connu dans le milieu de l’athlétisme, les amants haïtiens peuvent-ils espérer quelque chose de Samyr pour résoudre ce handicap ?
SL : Je l'espère et je vais travailler dur pour cette cause de la même façon que je travaille pour gagner une médaille. Quand je fais de l'athlétisme l’un de mes objectifs, cela signifie que je veux lancer un appel à la communauté internationale afin d’aider le pays à acquérir des pistes en tartan, des salles d’entraînement et autres. Je veux être une partie de la réussite de l'athlétisme en Haïti aujourd'hui et dans l'avenir !
LM : Un message pour le peuple haïtien ?
SL : Au nom de tous mes coéquipiers, je peux vous dire que l’amour et les encouragements que vous nous offrez nous aident énormément. Je suis le seul athlète haïtien en triple saut, mais je sais que le pays tout entier est avec moi ainsi qu’avec les autres coéquipiers, parce que nous sommes tous des ambassadeurs du pays. Je dirai au peuple tout entier, s'il vous plaît, prêtez attention cet été, car il sera très important pour notre pays et je lui demanderai de continuer à prier pour nous.