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Faisant suite aux eaux qui ont envahi Tabarre durant ces derniers jours, les jeunes de cette commune ont entamé un mouvement de protestation visant à forcer les autorités à prendre leurs responsabilités. Les pneus enflammés sont l’une des armes utilisées par ces derniers pour faire entendre leur voix. Cette manœuvre va-t-elle ramener les autorités à la raison alors que la situation risque de se détériorer avec la saison pluvieuse qui est déjà à la porte?
Sous un ciel nuageux accompagné d’une fine pluie, les habitants de la commune de Tabarre ont entamé une journée difficile avec des trombes d’eau qui semblaient transformer celle-ci en une petite île. On dirait que des eaux venant de toutes parts se sont données rendez-vous au niveau de cette commune empêchant du même coup à plus d’un de vaquer à ses occupations. Hormis les établissements scolaires, des petits business de Tabarre et des zones avoisinantes comme les matériaux de construction, les «dry cleanning» et des petites boutiques ont été inondés y compris la succursale de l’Unibank qui est logée juste au Carrefour de Fleuriot. Une situation qui a rendu la vie de ces habitants extrêmement difficile et a aussi engendré un climat de panique. En effet, pour manifester leur mécontentement, ces derniers ont fait usage de la manière forte, la puissance de feu des pneus, pour faire entendre leur voix et forcer les autorités à se pencher sur leurs cas.
Ces jeunes, dont la plupart, semblent être en dessous de la trentaine, ont entamé un mouvement de protestation ce 25 avril en érigeant des barricades enflammés au niveau de plusieurs artères de la route de Tabarre, surtout celle qui conduit à la Croix des bouquets, afin de forcer les autorités non seulement à entendre leur voix mais aussi à faire quelque chose afin de stopper ces volumes d’eau qui inondent la commune depuis plusieurs années et constituant une entrave à leur santé. «Tabarre n’est pas une porcherie, nous méritons un meilleur traitement de la part des responsables» a targué l’un d’entre eux.
«Cela fait des années que nous vivons dans cette situation infra humaine, les autorités n’ont rien fait pour nous venir en aide bien qu’ils soient au courant de cette situation. À chaque fine pluie, la zone est transformée en un océan nous empêchant de vaquer à nos occupations. Parfois, nous sommes obligés de nous refugier sur les toits de nos maisons, faute de moyens pour évacuer l’eau, pour ne pas être victimes. Nous sommes exposés à toutes sortes d’épidémies. Devant le mépris des autorités, nous avions décidés de bloquer cette zone stratégique afin qu’elles prennent des mesures adéquates pour stopper définitivement cette eau» a fait savoir l’un des manifestants.
Le malheur des uns, dans la plupart des cas, n’arrêtent pas de faire le bonheur des autres. En marge de cette protestation, certains en ont grandement profité, particulièrement les chauffeurs de taxi-motos et des passants. Une personne qui voulait traverser le carrefour Fleuriot avait le choix entre payer une moto 10 gourdes ou encore payer entre 15 et 25 gourdes à un homme pour le transporter sur son dos jusqu’à l’autre bout du carrefour.
La situation est devenue préoccupante et certaines interrogations surgissent. À l’approche de la saison pluvieuse, dans le cas où rien n’est fait, la situation risque d’empirer avec les conséquences sanitaires dramatiques qu’elle peut entraîner. En particulier, la recrudescence de l’épidémie de choléra et l’apparition d’autres maladies sont autant de menaces qui se cachent derrière ces eaux malsaines. Ce qui est paradoxal, quand on sait qu’Haïti est l’un des pays qui a adopté la déclaration du millénaire pour le développement. À cet effet, sa mission qui constitue à mettre en œuvre des politiques pouvant lui permettre d’atténuer les problèmes socioéconomiques et environnementaux d’ici 2015 n’est-elle pas vouée à l’échec? De plus, s’il est facile de dire qu’Haïti est ouverte aux investisseurs étrangers d’un autre côté, beaucoup reste à faire, surtout du point de vue d’infrastructure, pour rendre la tâche facile à ces derniers.
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