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Le comportement alimentaire de nombre d’Haïtiens est inquiétant : consommation monotone et outrancière d’aliments à forte dominance de graisses et de sucre. Elles sont issues de toutes les catégories sociales, les personnes qui s’adonnent régulièrement dans les rues de la capitale ou chez eux à la consommation de riz, de fritures ainsi que des produits gazeux. Aux yeux des spécialistes de la nutrition, ces aliments sont susceptibles de provoquer l’obésité chez un individu. Un phénomène qui tend d’ailleurs à se développer en Haïti, notamment chez la gent féminine. Mais les conséquences néfastes sur la santé sont énormes : hypertension artérielle, cancer de toutes sortes, etc.
Aliment favori des Haïtiens, le riz contient le glucide nécessaire à l’organisme. Toutefois, il lui manque d’autres éléments nutritionnels comme les protéines et les vitamines indispensable au bon fonctionnement du corps humain. Les graisses, aliments énergétiques, s’avèrent aussi importantes pour le corps humain, mais devraient être consommées avec modération. Aussi, le docteur Hérold Joseph, directeur de la Santé scolaire au ministère de l’Éducation nationale et de la Formation Professionnelle (MENFP), plaide-t-il en faveur de l’approche équilibrée de l’alimentation pour maintenir le corps en bonne santé.
Le système de soins versus les habitudes alimentaires
Alors qu’on investit beaucoup dans le système de soins pour améliorer la santé humaine, les habitudes de vie notamment liées à la nutrition donnent de meilleurs résultats. Selon le docteur Joseph, le premier ne contribue qu’à 11 % à garantir la santé, tandis que le second se révèle déterminant à près de 50 %. Cependant il reconnaît que la nutrition est intimement liée aux conditions socioéconomiques des individus. C’est pourquoi, renchérit-il, plus une société est en proie à la pauvreté extrême plus les conséquences de l’état de santé de cette population se font sentir. Il prend à titre comparatif le cas d’Haïti où l’espérance de vie de la population est estimée à moins de 50 ans alors que dans d’autres pays où le niveau socioéconomique des gens est plus élevé, l’espérance de vie atteint 70 ans en moyenne.
Une enquête réalisée en mai 2011 par la Coordination nationale de la sécurité alimentaire (CNSA) a révélé que 38 % des Haïtiens vivent en situation d’insécurité alimentaire. Pour l’agronome Garry Mathieu, ce concept revêt une double dimension. Hormis l’aspect nutritionnel, la dimension économique est aussi prise en compte. La situation d’insécurité alimentaire implique, selon l’agronome, le faible niveau de revenus des ménages. Ces derniers manquent de ressources financières leur garantissant l’accès à une alimentation riche et équilibrée. Notons à ce propos que le panier de la ménagère d’une famille de cinq personnes s’estime à près de cinq cents gourdes alors qu’on estime qu’un Haïtien vit avec moins de deux dollars américains en moyenne, l’équivalent de cent gourdes. Un chiffre qui tend à diminuer en milieu rural.
Entre autres éléments explicatifs de l’habitude alimentaire des Haïtiens, le directeur de la santé scolaire au MENFP évoque l’aspect culturel. « Certaines personnes appartenant à une catégorie sociale relativement aisée serait aussi confrontées à la malnutrition », nous a-t-il confié. En cause : la méconnaissance des aliments contenant les nutriments nécessaires pour maintenir le corps en bonne santé. Aussi s’intéresse-t-il aux écoliers, à travers un vaste programme d’éducation pouvant leur permettre d’adopter de meilleurs comportements alimentaires et hygiéniques. Il espère ainsi obtenir d’excellents résultats à long terme, moyennant que, dit-il, tous les acteurs sociaux s’impliquent activement.
L’État haïtien a l’impérieuse obligation de garantir le droit à la santé et à l’alimentation, comme le stipule l’article 19 de la Constitution de 1987. L’approche environnementale de la santé liée surtout à la nutrition, la plus efficace, est tributaire des conditions socioéconomiques des individus. Il revient aux citoyens d’exiger de leurs dirigeants de meilleures conditions de vies en vue de garantir ce droit.
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