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La foire traditionnelle de la fête de l’Agriculture et du Travail a débuté ce dimanche 29 avril au ministère de l’Agriculture, des Ressources naturelles et du Développement rural, à Damien. Elle prendra fin le 1er mai. Cette foire agro-artisanale et industrielle se veut un haut lieu d’exposition des produits locaux. Paysans, artisans, artistes en profitent pour faire reconnaître leurs efforts et leurs talents. |
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Le meilleur de la production agricole et artisanale se retrouve à la foire de Damien. Le riz national dans toutes ses variantes, des ignames énormes, du jus aux goûts de tous les fruits, des spécialités de diverses régions, la terre haïtienne se donne à goûter. Les œuvres artisanales créent l’étonnement. L’argile, les roches, la toile, le bois, le métal, le plastique, le verre prennent les formes les plus improbables avec la dextérité des artisans.
Une créativité qui vient du tréfonds de l’âme. « L’art agit en moi. J’ai envie de recréer tout ce que je vois sur ma route », s’est extasié Peterson Jasmin, un artisan qui travaille l’argile. Et un héritage qui se perfectionne chaque jour. « Ma mère faisait des sacs et des nappes en tresses. Moi, je fais des sacs de tissus, en pite, des bijoux. Je produits pour le marché local et international », s’est réjouie Altagrâce Taujour.
Le jeune agronome Sardou Jean Denis, horticulteur, expose une forme de culture dite sous abri (serre). Cette agriculture verticale (à étages) présente des avantages considérables. Elle permet une production étalée sur toute l’année, en quantité considérable dans un petit espace, défie les aléas climatiques et réduit l’attaque des pestes. Elle nécessite donc une moindre utilisation de pesticides, ce qui est grandement avantageux pour l’environnement. Elle permet aussi une très bonne gestion de l’eau, car l’arrosage se fait au moyen de goutteurs. Par contre, elle est coûteuse et ne résiste pas forcément aux cyclones. En outre, elle correspond surtout aux cultures maraîchères et florales. .
Le Bureau du crédit agricole, organisme sous tutelle du ministère de l’Agriculture, des Ressources naturelles et du Développement rural (MARNDR), est présent pour faire la promotion du crédit agricole, accordé à un taux de 18 % l’an. Selon Jean Erlado Petit-Homme, comptable-caissier du BCA, l’État vient en aide aux entrepreneurs agricoles qui, en général, sont négligés des principaux bailleurs financiers. Le BCA vient surtout leur épargner des taux usuraires des agents prêteurs, qui atteignent parfois les 300 %..
Cette foire est d’une grande importance pour les producteurs qui y trouvent le moyen d’exposer leurs œuvres. Ceux que nous avons interrogés souhaiteraient bénéficier d’un tel encadrement pendant le reste de l’année. Les intrants, se plaignent-ils, sont chers, la promotion n’est pas constante et le pouvoir d’achat de la population est faible, ce qui limite l’expansion de la production nationale. Altagrâce Taujour suggère la mise en place d’un « village artistique » où les artisans pourront vendre leurs produits quotidiennement.
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