102è Année - Un siècle d’information - www.lematinhaiti.com - Dernière mise à jour : 17/05/2013 19:17:43   18 May 2013-22h34
Football
Plein de victuailles
Un mercredi de football télévisé surchargé, assaisonné de débats politiques national et français.
Les champions
Y a des jours comme ça. Des jours où la table déborde de victuailles. Pas assez de bouches pour tout consommer. Pas assez d’yeux pour tout voir en trois heures, en des lieux différents, des spectacles divers aux intérêts semblables et divers : des titres de championnat en jeu, des distinctions individuelles aussi.

En Italie, Juventus- Lecce (1-1) Marchisio et Bertolaci ; Milan-Atalanta (2-0) Muntari et Robinho. Milan n’est donc plus qu’à un point de la Juve qui menait au score à cinq minutes de la fin, donc à un seul petit point du titre, alors que Lecce souffrait de l’exclusion de Cuadrado, le Colombien. En fin de championnat, tous les retournements de situation sont possibles. C’est peut-être à la dernière journée qu’on connaîtra le champion d’Italie. Des images italiennes en médaillon et plein écran aux moments forts de ces deux rencontres.

Messi en quête d’un énième record au sein d’un F.C Barcelone qui ne se fatigue pas de toujours rouler, rouler encore le ballon, rouler sans cesse le ballon et marquer quatre buts à Malaga qui eut le toupet d’égaliser par Rondon, après l’ouverture du score signé de Puyol de l’intérieur du pied gauche, sur un centre tendu d’Iniesta, lui-même servi par Messi, prêtre ou enfant de chœur à toutes les messes.

Christiano Ronaldo qui doit marquer au moins trois buts pour rejoindre Messi à la tête du classement pichichi mais rate son Panenka quand il eut l’occasion d’ouvrir le score contre Bilbao sur penalty. Pression ? Une nouvelle mauvaise habitude après le raté à la série contre le Bayern en demi-finale de Ligue des Champions ? Toujours est-il que le Portugais marquera le troisième but du Real sur corner après avoir offert le deuxième à Oëzil qui reprit au second poteau un long centre au ras du sol du Portugais. L’Allemand avait eu la bonne idée de remettre illico dans l’axe vers Higuain un ballon de Ronaldo en air de passe décisive. Ce faisant, il permit à l’incompris Argentin de doser parfaitement sa frappe victorieuse en 20 % de lift et 80 % de puissance. Le Real gagnera donc 3-0 face à l’Athletic Bilbao qu’il a tambouriné sans pitié. À l’aller comme au retour, note salée de Mourinho à Bielsa, eux qui ne sont pas de la même école. Mourinho peut continuer à défier le monde, Gargantua des grands dîners royaux : Italie (Inter), Angleterre (Chelsea), Espagne (Real) et chez lui au Portugal (Porto).

Les Madrilènes ont extirpé le zeste de suspense qui restait sur le sort du championnat, pas sur la lutte singulière que se livrent Messi et Ronaldo pour le pichichi 2012. Iniesta par-ci, Iniesta par-là. Un bol de bouillon tèt kabrit à Puyol pour le premier but barcelonais. Un poulet pays au bongo et champignon à Messi sous la forme d’un dribble qui oblige son fauchage exactement sur la ligne des 16, 50 mètres, un cocktail de fruit à fort pourcentage d’ananas du Nord d’Haïti que le meilleur joueur du monde dégusta avec une cuiller en or à la barbe de Kameni : le ballon passa sur la tête du Camerounais par l’effet de la cuillerée et le lutin barcelonais le plaça aisément dans le but vide. Apothéose qui était précédée d’un penalty provoqué par Messi lui-même et transformé en force. 46 buts en championnat d’Espagne, 68 toutes compétitions confondues. Gerd Muller est désormais deuxième dans cet exercice avec ses 67 buts en 1972-1973. Il reste deux matchs à Christiano Ronaldo et trois à Messi, dont la finale de la Coupe d’Espagne contre Bilbao.

Des footballeurs de très haut niveau en compétition assaisonnés d’un débat législatif haïtien sur le budget national en présence du rectorat de l’Université d’État d’Haïti, insatisfait des miettes à son institution réservées, et débat présidentiel français, qui a tenu ses promesses, Hollande-Sarkozy, les deux, pugnaces et méthodiques, préparés comme il se doit pour mériter de diriger la France.

Et puis, au stade Sylvio Cator, le Racing jouait son premier match pour son second séjour en Division nationale 2 contre Catherine Flon de l’Arcahaie, 2-1.

Plus de spectateurs au stade, environ un millier, pour ce match de 2e Division que tous les autres livrés par les Victory, Don Bosco, Aigle Noir, Violette en 1re. Une ouverture du score tardive de Monuma Constant Junior (59e) alors que Catherine Flon jouait en infériorité numérique. Un deuxième but sous la transversale par Mackenson Edouard, le petit gaucher arrière latéral gauche, entré à la place de Marcel Joinvilmar. Mais le Racing se fit un peu peur en encaissant un but sur coup franc de Philippe Esdras.

Repus comme des convives en festin nuptial princier, les téléspectateurs et spectateurs haïtiens ont eu un bon sommeil comme digestif, se demandant à quand une autre ripaille pour laquelle pourtant il faut apprendre à zapper, ne pas habiter trop loin du stade S. Cator et savoir mesurer ses prises pour, in fine, goûter à tous les plats sans risque d’indigestion.
Patrice Dumont
patricedumont21@hotmail.com
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