102è Année - Un siècle d’information - www.lematinhaiti.com - Dernière mise à jour : 17/05/2013 19:17:43   18 May 2013-23h05
Éditorial
Pugilat !
Entre le président Michel Martelly et la presse indépendante d’information et d’opinion, un dilemme : comment un président en exercice peut-il continuer à exercer ses fonctions efficacement quand il se complaît dans son mépris paternaliste vis-à-vis des journalistes ?
Entre le président Michel Martelly et la presse indépendante d’information et d’opinion, un dilemme : comment un président en exercice peut-il continuer à exercer ses fonctions efficacement quand il se complaît dans son mépris paternaliste vis-à-vis des journalistes ? Comment la presse elle-même pourra-t-elle continuer à informer et analyser efficacement dans sa méfiance caractérielle envers un Michel Martelly au tempérament frondeur et qui a fait le choix, inutile et improductif d’intérêts, d’embrayer ses rapports avec les journalistes sur le mode de l’irrévérence et du paternalisme ?

Les deux parties semblent se tolérer, de force, sous l’effet des contraintes, sans s’accepter véritablement par consentement mutuel. Il faut dire que notre président de la République ne déploie pas assez d’efforts pour déminer le terrain. Il cède souvent aux tentations nuisibles et aux débordements langagiers lors d’une question qui dérange. Comme si la presse constituait cet autre corps armé de stylos, d’ordinateurs, de caméras et de micros qui ne demandait qu’à être enrégimenté dans une armée faite de bric et de broc à la défense du pouvoir. Il y aurait ici malentendu. Les inimitiés entre le Palais national et la presse découlent d’une vision plébiscitaire du pouvoir politique, laquelle aménage peu de place à la dissidence et à la reconnaissance d’une presse qui ne soit pas aux ordres et qui fonctionne autrement qu’en excroissance sympathique des services officiels de relations publiques. Monsieur Martelly et son équipe, peuplée de figures d’ancien régime, vont devoir grandir pour s’adapter à la nouvelle donne démocratique. Le même devoir d’adaptation s’impose aussi à ces journalistes, anti-martellystes pugnaces, qui devront accepter, dans la civilité républicaine, que M. Martelly reste le président de tous les Haïtiens pour les quatre prochaines années.

Le chef de l’État n’a jamais fait mystère de son aversion de la lecture. Cet éditorial a toutes les chances de ne pas être soumis à son propre examen critique. Des passages, lus sous des prismes déformants, peuvent lui être rapportés. La République ne mourra sans doute pas. S’il y aurait, là, insulte, elle est ingurgitée, digérée et déjà oubliée. Que M. Martelly invite des responsables de médias, un 3 mai, journée mondiale de la Liberté de presse, pour leur dire que cette liberté sera garantie durant son mandat, leur faire, dans le même temps, en professeur fouettard, tout un cours de déontologie journalistique, et leur signifier son dégoût actuel de ce qui se fait et se dit à la radio en Haïti, voilà qui n’est pas pour tempérer notre atmosphère tropicale si sulfureuse.

Des vétérans de la presse, comme notre consœur Liliane Pierre-Paul, assimilent les propos du Président à de l’insulte inacceptable au jour sacré de la liberté de la presse. D’autres avaient tout simplement boudé l’invitation présidentielle pour ne pas « s’exposer, dans l’impuissance, aux insultes ». Beaucoup de dirigeants de médias y avaient, cependant, répondu favorablement et en sont revenus avec des sentiments mitigés. Dans l’ensemble, M. Martelly, certains journalistes de renom et patrons de presse présents, des gorges chaudes et profondes, nous semblent avoir tout compris, sauf la vraie nature du métier de journaliste et le prestige qui lui sert de compagnon obligé. On n’expose pas ses misères de propriétaire de média et ses lacunes en face d’un président méprisant et hautain envers la presse. L’obole du mendiant camouflé, faussement sympathique, n’avait pas sa place ce 3 mai au Palais national.

Les rapports entre cette presse, pas assez professionnelle et rebelle, et ce Palais national, peu professionnel et belliqueux, risquent de se déployer pour longtemps encore sur le mode du pugilat. Autrement dit, la confrontation musclée et l’insulte doucereuse permanentes comme mode opératoire privilégié. C’est un bon signe que le Premier ministre entrant, Laurent Lamothe, semble, en pragmatique, avoir mieux évalué, que son ami président, les bénéfices politiques à engranger, d’un investissement intelligent et stratégique, dans des rapports cordiaux avec la presse.
Daly Valet
Commentaires des lecteurs
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Fouyapot | 04/05/2012
Avant de s'eriger en donneurs de lecon,les journalistes ont besoin d'exercer leur metier avec plus de professionalisme,en mettant de cote'toutes les formes de rancoeur a'l'egard du president Martelly.Si les Sieurs Aristide et Preval ont defile'au Palais national.Il n'a d'anormal si depuis le 14 Mai 2011,M.Martelly est bel et bien notre president.D'accord ou pas.Oui,un
 
Fouyapot | 04/05/2012
Oui,au nom de la civilite republicaine,un devoir d'adaptation s'impose a'tout le monde.Pou ki tout bwi sa yo,la presse est loin d'etre une presse d'avant-garde.Tout moun ap cheche bout patat pa yo.Dis donc,Martelly n'est pas tomber du ciel.Il connait bien la mentalite'des haitiens.Sinon,il ne serait pas au pouvoir.Les Mario Dupuy,Lucien Jurat font bel et bien partie
 
Fouyapot | 04/05/2012
de son staff.Depuis 1986,le pays est en chute libre,tout un chacun essaie de s'accommoder a'tel ou tel gvt afin de tirer leurs epingles du jour.Martelly connait parfaitement qu'il y avait un SOS journalistes qui faisait de l'argent sur l'assassinat de Jean L.Dominique,sans que cela ne revoltait pas sa femme.Connaissant bien la realite'haitienne,M.Martelly s'en moque
 
Fouyapot | 04/05/2012
ici et la'des patatistes.Avant ma mort, j'aurais bien aime'voir les Lilianne Pierre-Paul et Marvel Dandin s'approprient des idees du feu journaliste-patriote Sony Bastien.Dans la presse, je ne vois pas encore ce modele de vertu.Faut-il encore rappeler qu'Haiti constitue son parti politique. J'invite M. Daly Valet a'suivre ce modele. Que son ame repose en paix!
 
Leonidas | 04/05/2012
La liberte de la Presse , comme la Constitution de 1987 , reste le plus grand acquis de l'apres Duvalier et le Pays beneficierait enormement a s'y accrocher.Le plus important a venir , la seule et unique porte de sortie de cette conjuncture , s'ouvrira a partir des conclusions d'une Conference Nationale qui ne trouve pas , jusaqu'a present , un echo suffisamment large de la part de certains journalistes , pourtant aussi erudits que bien intentionnes. Autre faiblesse a signaler : La pusillanimite dans l’expression , avoisinant parfois meme la sujetion a la Presse officielle de l’Occident , de certains points de vue sur la politique internationale. Les analyses de Marcus Garcia et de Marvel Dandin resonnent parfois comme un oasis dans le desert d’une orthodoxie journalistique qui ne fait pas tjrs bon ménage avec la Verite des faits quand il s’agit de la survie , dans la DIGNITE , des petits Pays comme enjeu.
 
Leonidas | 04/05/2012
Lavalas/Inite et MM ne representent que les epiphenomenes d'un processus sournois et constant de mise a genou d'un Pays juge trop lent a se mettre au pas de la mondialisation.Les derives lavalassiennes ne sont pas une raison valable pour " s'adapter" aux caprices d'un opportuniste pure laine qui a pris les mesures des faiblesses de la Societe Haitienne.Au contraire!!
 
le neveu | 04/05/2012
LL ne sera qu’un tampon. Le Président continuera à cracher au visage des journalistes, et passera l’éponge pour essuyer les vomissures et bientôt le sang. Si je comprends bien, il y a des patrons émasculés qui ont été descendre leur culotte lors de cette rencontre de liberté de la Presse. On ne demande pas des noms. On les connaîtra au mielleux de leurs texte. Les deux parties n’ont pas à se tolérer. Elles existent, et chacune doit jouer son rôle. Pour être anti-martellistes, il suffit de rapporter les faits. S’il faut les taire, même lorsqu’ils parlent d’eux-mêmes, vaut mieux se faire proxénète. Quand Valet dit que le président est «méprisant et hautain envers la presse», ce n’est pas une opinion, c’est un fait. Si les martellistes n’aiment pas ça, qu’ils changent démocrate, l’homme qui veut changer la mentalité des Haïtiens!
 
esther | 04/05/2012
pourquoi avoir rpondu a l'invitation?la bouder aurait eu un sens ;mais non vous allez devant sa porte vous faire gifler;mr martelly sait tres bien que certains ne manqueront jamais l'opportunite d'etre vu au palais meme si c'est pour etre insulte;il vous fait payer cher votre manque de respect de vous meme;moun nan te twipe lan figi'w wal pote tet ou pali li sal li
 
jojo | 04/05/2012
Je pense que le président a utilisé les vrais mots pour décrire la situation des journalistes haïtiens. J'ajouterais que cette déclaration peut etre adressé à d'autres secteurs afin de construire un autre pays. Je crois que l'auteur de cet article a manqué sa sortie en n'appréciant pas les propos du président à leur juste valeur. Laissez derrière vous la haine!!!
 
rys | 05/05/2012
pendant que martelly fait un effort pour se rapprocher de la presse il y a Daly qui critique sans meme une seule fois apporter une solution, le moment n est pas au probleme car on en aura toujours mais au solution donc la prochaine fois que vous ecrirai apporter une solution
 
 
 
 
 
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