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Définitivement, François semble être la bonne combinaison qui a ouvert et qui continue d’ouvrir les portes de la victoire aux socialistes français. C’est un prénom porte-bonheur qui fait sourire les socialistes. L’élection présidentielle française qui a vu le triomphe de la gauche vient de le prouver. Enfin, les socialistes peuvent franchir royalement les portes du palais présidentiel, gardé jalousement par la droite pendant dix-sept ans. Un François avait donné la victoire aux socialistes dans les années 80 et aujourd’hui c’est un autre François qui vient de restaurer l’honneur de la gauche française après des années de tâtonnement et d’échecs politiques à la course pour la plus haute magistrature de l’État. L’attaquant François est arrivé avec son chapeau de victoire et il vient de scorer pour les socialistes en battant à plate couture le gardien de l’Élysée, Nicolas Sarkozy. Les portes du palais de l’Elysée restent ouvertes aux socialistes, mais jusqu’ici, les François semblent en avoir le secret et les clés.
La première victoire présidentielle du parti socialiste en France remonte à 1981, lorsque François Mitterrand a reçu la bénédiction des Français pour un mandat de sept ans. Cette victoire, acquise au prix d’un long combat, faite de ténacité et de persévérance, reste un fait d’armes pour la gauche française. Après deux échecs cinglants, l’un en 1965 au second tour face au général de Gaule, et l’autre face à Valéry Giscard d’Estaing en 1974, François Mitterrand, déterminé et pugnace, n’a pas lâché prise. En 1981, il a eu la belle revanche sur la droite française, notamment sur le président sortant, Valéry Giscard d’Estaing, qui l’avait battu en 1974. François Mitterrand, dit Tonton, a su bien garder les filets du camp socialiste puisqu’il a été réélu en 1988 pour un nouveau septennat.
Depuis le départ de Tonton de l’Élysée en 1995, les socialistes ont eu du mal à imposer un candidat à la présidence capable de gagner. En effet, lors de l’élection présidentielle de 1995, le candidat socialiste Lionel Jospin a été battu au second tour par le maire de Paris, Jacques Chirac, candidat du Rassemblement pour la République (RPR).
Les socialistes ont eu certes pignon sur rue à l’hôtel Matignon de 1997 à 2002, à la faveur de la dissolution de l’Assemblée nationale prononcée par Jacques Chirac. La décision de provoquer des élections anticipées n’a pas eu les résultats escomptés. C’est l’effet boomerang. Pour la première fois, la dissolution et les élections qui s'en suivent ne sont pas favorables au chef de l’État. Lionel Jospin devient donc Premier ministre sous le signe majoritaire de la gauche plurielle.
Bien qu’en charge du gouvernement jusqu’ici le plus long sous la Ve République, les socialistes n’ont pas su fidéliser l’électorat français. Ils ont rongé leurs freins et perdu les pédales au cours de cette troisième cohabitation. Pris de vitesse, ils ont perdu la majorité parlementaire et la droite reprend les rênes de Matignon en 2002, avec la nouvelle majorité de l’Union pour un mouvement populaire (UMP). Et le socialiste Lionel Jospin, à nouveau candidat à l’élection présidentielle de 2002, a fait pâle figure puisqu’il a été éliminé dès le premier tour. C’est bien Jean Marie Le Pen, le leader du Front national, qui a affronté Jacques Chirac au second tour, et l’électorat a dû trancher nettement en faveur du président sortant.
Apres deux échecs consécutifs, les socialistes s’activent à se remettre en question. Voulant rectifier le tir, ils se mettent à la recherche d’un nouveau souffle. Capitalisant sur le momentum féminin, ils font front commun et se rallient autour de la candidate Ségolène Royal. C’est encore la catastrophe : elle a été battue par Nicolas Sarkozy, le candidat de droite de l’UMP. Après la défaite de 2007, les socialistes se cherchent, se recherchent, et recherchent un leader capable de gagner. Les projecteurs semblent être tournés sur Dominique Strauss Khan.
Mais l’Histoire a des raisons que les pronostics politiques ignorent encore. Le scandale de la Sofitel à New York a tout chamboulé. DSK, en disgrâce, a dû laisser le champ libre, et François Hollande, qui s’échauffait dans le vestiaire, s’affirme. François est arrivé au haut du pavé, tenant à la main son chapeau de victoire. Comme en 1981 et 1988, l’histoire semble se répéter, et c’est un autre François qui a scoré, en ouvrant les portes de l’Élysée aux socialistes.
Aujourd’hui les socialistes jubilent sur la place de la Bastille. François Hollande gagne les élections avec 51,62 % des voix face au président sortant, Nicolas Sarkozy. Grâce à lui, les socialistes ont renoué avec la victoire présidentielle après dix-sept années de traversée du désert et de vaches maigres. Clés en main, François Hollande se prépare à fouler le sol du palais de l’Élysée. Va-t-il continuer sur les traces de son mentor François Mitterrand qui a pu conserver intacts les filets du camp socialiste pendant deux mandats ? Va-t-il satisfaire aux attentes des votants ou va-t-il, comme Nicolas Sarkozy, décevoir les Français ? Dans les deux cas, l’électeur est celui qui observe, prêt à sanctionner.
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