|
Michel Martelly a un an au pouvoir. L’heure est au bilan. Si certains ministères ont été mis au- devant de la scène, d’autres ont été relégués à l’arrière-plan pour ne pas avoir fait partie du fameux « cinq E » du président Martelly, donc de ses plus grandes priorités. Malgré tout, les responsables se sont décerné un satisfecit concernant les résultats de leur première année de fonctionnement. Le ministère de la Santé publique et de la Population est du lot. Maigre bilan, mais satisfaction sur toute la ligne. Paradoxe totale.
Contrairement aux autres secteurs, le Président n’a pas été trop verbeux sur les grands dossiers de la santé. Peu de choses ont été réalisées, reconnaissent certains professionnels en santé publique. Le président de la République s’est contenté de faire des et encore des promesses. Comme pendant la campagne, Michel Martelly continue de prendre des engagements tous azimuts.
Une carte de sécurité sociale dénommée carte rose sera très bientôt effective, annonce le chef de l’État. Cette expérience pilote devra commencer au cours du mois à venir dans le département du Nord-Est, de concert avec l’ouverture du parc industriel de Caracol. Pour le début de cette grande première dans le pays, deux mille personnes devraient bénéficier des avantages de cette carte qui donnera droit à des soins de santé moyennant la cotisation d’une modique somme tous les mois, ne dépassant pas cent gourdes.
Quant au plan dressé par le ministère de la Santé, presque rien n’a été constaté sur le terrain. La titulaire du MSPP, qui avait annoncé en grande pompe la mise en œuvre d’une politique publique de santé lors de son investiture en octobre dernier, n’a pipé mot à la suite d’une question concernant la date à laquelle devrait débuter ce grand chantier. Même le plan ne semble pas être prêt pour le moment.
Les principaux responsables du Ministère, qui préfèrent le marronnage à la présentation de leur bilan, n’étaient pas en mesure de plancher sur un calendrier et le plan d’exécution des dossiers les plus urgents, lors d’une visite effectuée au cours de cette semaine. Pour l’heure, tout le monde semble être de retour à l’épidémie de choléra. La recrudescence de cette maladie fait peur et pas moins de quatre départements sont concernés.
MSPP : un an après, maigre bilan
/br
Pour la première année du quinquennat de l’ancien chanteur devenu président, le ministère de la Santé publique ne s’est contentée que de participer à campagne de lutte contre certaines maladies. La lutte contre la malaria et la filariose en sont les exemples les plus probants. Pendant quelques mois, les autorités du MSPP ont participé, de concert avec certaines organisations non-gouvernementales travaillant dans le secteur, à la distribution de moustiquaires et à des campagnes de vaccination contre certaines maladies réputées dangereuses.
De concert avec la Première dame, certaines mesures ont été prises sur la question des hôpitaux spécialisés, dont l’hôpital psychiatrique de Beudet et le Sanatorium. Sophia Saint-Rémy Martelly, présidente du Comité de coordination multisectoriel des projets du Fonds mondial en Haïti depuis novembre 2011, s’était engagée à lutter aux côtés des responsables dans le secteur, contre cette pandémie.
Outre les diverses campagnes, d’autres initiatives pour le moins anodines ont été mise en œuvre. La mise sur pied du Centre ambulancier national a été l’une des plus grandes réalisations de l’administration de Martelly depuis son arrivée au pouvoir. Une trentaine d’ambulances sont donc disponibles pour ce projet pilote mis en branle à la suite de la conclusion d’un accord tripartite entre les gouvernements haïtien, brésilien et cubain.
Les 30 ambulances sont donc pourvues d'oxygène, dont huit sont offertes par le Canada, quatre par le gouvernement haïtien et trois autres par l'ONG allemande Johanniter International, installée en Haïti grâce à la contribution, entre autres, de l'infirmière Gladice Merveille pendant la forte montée de l'épidémie de choléra. Ces ambulances sont munies aussi de défibrillateur et de kits d'urgence. Par contre, le coût du Centre ambulancier national n’est pas encore inclus dans le budget national.
La première année du quinquennat de Michel Martelly n’a été qu’un simple constat dans le domaine de la santé. Aucune infrastructure sérieuse n’est établie. Le Président, les grands commis de l’État et autres personnalités se soignent à l’étranger. Michel Martelly a failli être une victime de cette faiblesse patente.
Les grands chantiers seront débutés très bientôt, annonce Florence Duperval Guillaume. À l’instar d’autres besoins, la santé ne parvient toujours pas à retrouver toutes les couches de la population. Plusieurs projets sont donc annoncés, mais peu de choses ont été exécutées. Entre- temps, le peuple meurt et l’administration de Martelly tâtonne.
|