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| Youri Latortue |
« Coup d’œil sur le passé pour mieux s'orienter vers l'avenir », c’est ce qui aurait préoccupé la pensée de Youri Latortue au moment d’écrire son livre titré Le devoir de servir, paru à C3 Group Éditions, mai 2012, 187 pages.
Un essai autobiographique ? Non. D’aucuns préfèrent parler d’un essai politique. Dans ce livre divisé en quatre chapitres, l’auteur raconte l’histoire de son enfance. Youri Latortue, selon le récit, a grandi dans un quartier défavorisé de la ville des Gonaïves. À Raboteau, pour être précis. Il s’agit d’un quartier réputé de regorger de révolutionnaires. On se souvient de la lutte conduisant à la chute de la dictature des Duvalier en 1986.
Youri Latortue fait le point sur son parcours. Ses études ont débuté à l’école des Frères de l’instruction chrétienne (FIC) des Gonaïves. Sa mère, Carmen Cantave, est honorée et elevée à la hauteur d’une mère modèle et courageuse. Celle qui illustre bien l’image des femmes haïtiennes prenant en charge l’éducation de leurs enfants, parfois sans le concours d’un père.
L’auteur s’est félicité d’avoir été très brillant à l’école. De l’école des Frères de l’instruction chrétienne (FIC) des Gonaïves à l’institution Saint-Louis de Gonzague de Port-au-Prince, le succès a marqué les études de Youri Latortue qui a rapporté avoir été admis, sur concours, à l'Académie militaire. Monsieur Latortue a révélé avoir été recommandé par l’un des Frères de Saint-Louis de Gonzague, en l’occurrence son mentor : le frère Larose.
Lauréat de sa promotion à l'Académie militaire, Youri Latortue s’est mis au service de l’institution qui a donné naissance à l’État d’Haïti.
L'ancien capitaine a connu des revers. En témoigne son renvoi de l’institution militaire. Accusé de fomenter un coup d’État, expulsé des Forces armées d’Haïti, Youri a quitté le pays. « Cette révocation m’a donné l’occasion de partir faire des études de deuxième cycle au Canada », a écrit l’auteur.
De retour au pays, il s’est engagé dans la politique. « Une fois installés au pouvoir les dirigeants font le choix du statu quo, préférant se mettre au service de la minorité exploiteuse. Dans ces conditions, au lieu de poser le problème des inégalités criantes qui traversent la société haïtienne, ils en profitent indignement. Les politiciens haïtiens, oubliant souvent leur origine sociale, refusent donc de se mettre au service de la population, donc de la politique, et préfèrent se servir de la politique afin de satisfaire leurs intérêts particuliers », a déploré l’auteur, prônant l’adoption d’autres valeurs, comme le devoir de servir.
Élu Sénateur de la République, Youri Latortue a été très dynamique durant son mandat marqué tantôt par des turbulences politiques, tantôt par des réalisations fructueuses. Entre-temps, le pays se meurt. De l’espoir, l’auteur en nourrit. Pour la construction de l’avenir il préconise : l’institutionnalisation du champ politique, la sécurité et le développement économique.
« Le récit du parcours du sénateur Latortue continue de défiler sous les yeux du lecteur. Une narration ponctuée de révélations et de déductions. Ce qui manque, à mon sens, ce sont les images. En effet, on chercherait en vain des images, des tournures, des métaphores, des comparaisons dans le style, pour faire le ravissement du lecteur. De ce point de vue, Youri gagnerait à travailler son style, trop linéaire. Une écriture, quel qu'en soit le thème traité, doit être rythmée. Il ne donne pas assez à rêver, le froid technicien des questions militaires et parlementaires ne fait pas voyager le lecteur, ne le transporte ni ne le subjugue. Et pour cause », a commenté Jean-Claude Boyer dans un texte publié récemment sur Le devoir de servir.
Youri Latortue détient une licence en droit de la Faculté de droit et des sciences économiques de Port-au-Prince. Il est aussi détenteur d’une maîtrise en droit des affaires de l’Université de Montréal.