Un mémorandum d’entente a été paraphé le mardi 12 juin 2012 entre les gouvernements haïtien et taïwanais. Il porte sur l’octroi par le gouvernement taïwanais d’une enveloppe de quatre millions deux cent soixante-quinze mille dollars américains à l’État haïtien pour la reconstruction de six bâtiments administratifs publics.
Encore un autre montant disponible pour la reconstruction d’édifices publics. La République de Taïwan emboîte le pas dans ce processus à hauteur de plus de quatre millions de dollars. Cette somme servira pour des études de conception ainsi que de reconstruction de six bâtiments administratifs publics. Il s’agit notamment de la Cour de cassation, du ministère de l’Économie et des Finances (MEF), de la Direction générale des impôts (DGI), de l’Administration générale des douanes (AGD), de la Cour supérieure des comptes et du contentieux administratif (CSC/CA) ainsi que d’une aire de stationnement pour chacun des édifices précités.
La cérémonie s’est déroulée au ministère des Affaires étrangères en présence des représentants des deux Républiques. Le Premier ministre Laurent Lamothe et l’ambassadeur taïwanais en Haïti, Bang- Zyhliu, ont été les signataires de cet accord, expression de l’excellente qualité des liens qui unissent les deux pays.
Pour M. Lamothe, ce mémorandum d’entente sera une contribution majeure à la lutte enclenchée par son gouvernement contre l’extrême pauvreté. Par ailleurs, renchérit-il, cet accord témoigne du dynamisme et de la détermination de la République de Chine (Taïwan) à secourir Haïti. Il rappelle à ce titre que quarante-deux édifices publics ont été détruits lors du séisme du 12 janvier 2010.
Abondant dans le même sens, l’ambassadeur taïwanais estime que la construction de ces édifices publics permettra au gouvernement de remplir pleinement sa mission. Rappelant sa confiance dans les liens qui existent entre les deux pays, M. Zuhliu affirme que même les pires cataclysmes ne pourront les rompre et ni influer sur les relations entre les deux partenaires. En conséquence, rassure-t-il, Haïti peut désormais compter sur le soutien inconditionnel de son pays.
Une reconstruction en panne de cohésion
Le projet de reconstruction des bâtiments administratifs ne date pas de cet accord bilatéral. Une somme de soixante-dix millions de dollars américains, consécutive à l’annulation de la dette externe d’Haïti, a été octroyée à cet effet par le Fonds monétaire international (FMI). Cette somme était destinée à reconstruire quatre édifices administratifs publics dits prioritaires parce qu’ils représentent l’ensemble des pouvoirs de l’État. Ce sont : le palais Législatif, le palais de Justice, la marie de Port-au-Prince et la Cour supérieure des Comptes et du Contentieux administratif (CSC/CA).
Encore la Cour des Comptes. La reconstruction de cet édifice, soulignons-le, est inscrite dans deux projets distincts : l’un pour un montant de soixante-dix millions de dollars américains octroyé par le FMI et le dernier en date relatif au mémorandum d’entente paraphé entre la République de Chine (Taïwan) et Haïti pour la somme de plus de quatre millions. Fort de cette anomalie, plus d’un s’interroge sur la cohésion de ces projets.
Le premier projet était prévu pour une durée allant de dix-huit à vingt-quatre mois, en tenant compte de l’ensemble du processus incluant les études de conception, les appels d’offres et les travaux de construction proprement dits. Mais force est de constater que jusqu’à date aucun chantier n’est mis en branle et que ces institutions de l’État fonctionnent encore dans des abris provisoires. Où en est ce processus fameux de reconstruction ?