|
Le gouvernement en place compte généraliser l’accès à toutes les couches du pays aux services énergétiques. Un nouveau ministère a été créé à cet effet. En vue d’atteindre cet objectif, il mise sur la mise en place d’un programme national favorisant les énergies renouvelables en particulier, l’énergie solaire. « Ce programme est déjà lancé et les résultats sont satisfaisants » a fait savoir René jean-Jumeau.
Un énoncé de politique de l’énergie pour les prochaines années revêt une importance capitale. Le gouvernement en place y croit et promet de tout mettre en œuvre afin de satisfaire les besoins de la population en énergie électrique. Il prétend mettre en place une structure invitant la société entière à une lutte pour une révolution énergétique. De ce fait, les responsables veulent rompre radicalement, disent-ils, avec le disfonctionnement énergétique dans lequel patauge le pays depuis plusieurs décennies. Ils comptent, par ailleurs, garantir à la population l’accès à des services de qualité. Pour ce faire, la construction de plusieurs infrastructures importantes est déjà annoncée. Le gouvernement commence par mettre les structures en place pour y parvenir.
Pour l’instant, le pays dispose d’une couverture nationale d’environ 300 mégawats installés. De cette quantité, selon le ministre délégué à la Sécurité énergétique, plus de deux tiers sont fonctionnels. Aussi, la consommation moyenne annuelle est-elle de l’ordre d’environ 75kwh par habitant. A en croire le fonctionnaire, il est inconcevable que les populations pauvres du pays se retrouvent très loin par rapport aux autres peuples de la sous-région en ce qui a trait à l’approvisionnement en énergie électrique.
L’Électricité d’Haïti génère un revenu relativement bas. Selon le ministre délégué de la Sécurité énergétique, René Jean-Jumeau, ce flux de revenus est inadéquat pour assurer l’entretien régulier des équipements de la compagnie voire maintenir un service de qualité à la clientèle.
Pour une gouvernance énergétique
Pour cela, les principales interventions du ministère consistent à favoriser la mise en œuvre d’une politique énergétique. Cela sous-tend qu’il est en train de travailler à l’interne et à l’externe en vue d’une offre en énergie électrique plus substantielle. A l’interne, le ministère accompagne l’Électricité d’Haïti dans la planification et la régulation du système. En fait, ils travaillent d’emblée sur la réforme de la compagnie. La gestion informatique des données ainsi que l’expansion du réseau sont désormais prises en compte. Ils comptent valoriser tous les acteurs du système, les employés en particulier en vue de meilleurs résultats. A l’externe, les responsables comptent responsabiliser davantage la clientèle. Sans quoi, estime-ton, la compagnie publique ne peut pas donner les résultats espérés.
Plusieurs chantiers sont annoncés dans ce secteur. Les tenants sont déterminés à entreprendre des actions tendant à apporter des solutions à court, à moyen et à long terme. D’ailleurs le Premier Ministre enjoint le ministère délégué à la Sécurité énergétique à résoudre les problèmes liés à l’énergie électrique d’ici les quatre prochaines années.
Une centrale électrique construite avec le support des Coréens devait être inaugurée le 20 juillet dernier à Léogâne. Les promesses commencent à se matérialiser. Quant au programme « Banm limyè, banm lavi », il avance à grand pas. Quatre cents lampadaires sont en train d’être placés dans le Nord-ouest et dans la Grand’ anse. « L’objectif est de placer six cents lampadaires par départements » a fait savoir M. Jean-Jumeau. La première étape de ce programme gouvernemental devrait permettre à plus de 200 000 ménages du milieu rural haïtien d’avoir accès à l’électricité soit des lampadaires dans les espaces publics. Ensuite le gouvernement s’engage à fournir l’électricité à la zone rurale via l’énergie renouvelable notamment l’énergie solaire.
Par ailleurs, l’énergie solaire est sans nul doute la plus abondante d’Haïti. À cet effet, malgré le coût élevé des investissements initiaux, le gouvernement a pris des décisions en vue d’établir les bases d’une exploitation de cette énergie. Des lampadaires ont été remarqués un peu partout à travers l’aire métropolitaine de Port-au-Prince. Par l’entremise de ce programme, la route des rails à carrefour est complètement électrifiée.
Le problème de l’énergie, dit-on, résidait en grande partie dans une absence de politique nationale officielle exprimant une vision, des objectifs et des directives clairs. Pour Lamothe, il est grand temps d’amorcer une véritable révolution énergétique. Il veut assurer la sécurité énergétique du pays. Selon le conseil mondial de l’Énergie, la « sécurité énergétique » est la disponibilité de l’énergie, sous différentes formes et à tout moment aux consommateurs en quantité suffisante et à des prix abordables. C’est loin d’être le cas d’Haïti. Les projets annoncés font penser à un avenir prometteur et durant ces six derniers mois, d’importants travaux ont été réalisés en vue moderniser l’EDH.
Le plus grand chantier en ce qui a trait à l’énergie demeure la mise en place du ministère délégué à la Sécurité énergétique. Par cet organe, dit-on, on peut redresser la gestion commerciale de ce secteur et par-dessus tout, améliorer dans le meilleur délai son efficacité. Aussi, le nouvel organe travaille-t-il pour un équilibre entre la demande et l’offre de l’énergie. Pour l’instant la centrale hydro-électrique de Péligre sera complètement réhabilitée (électrique et mécanique). Aussi, affirme M. Jean-Jumeau, sept des 32 circuits principaux sont en cours de réhabilitation.
|