102è Année - Un siècle d’information - www.lematinhaiti.com - Dernière mise à jour : 13/02/2014 14:53:09   01 Sep 2014-16h57
 Grand’Anse - Route Nationale No 7
L’OAS laisse, colère et indignation restent !
Depuis plus d’une semaine, la colère des grand’anselais gronde. La cause, la compagnie brésilienne, OAS ltda, chargée de la construction du lot 2, Carrefour-Zaboka/ Jérémie, de la route nationale No 7, s’en va en laissant des travaux, et pas des moindres, inachevés. Prévenant la rumeur de plus en plus persistante d’une manifestation de protestation, qui a quand même eu lieu le lendemain, les autorités locales se sont empressées de rencontrer les responsables de la compagnie pour faire le point.
C’est dans l’après-midi du lundi 6 août que les autorités grand’anselaises ont rencontré les responsables de l’OAS, après la décision unilatérale de ladite compagnie de rompre le contrat qui la lie à l’État haïtien pour la réhabilitation d’environ 69 kms de route reliant Jérémie à Carrefour Zaboka, plus au sud du pays. A cette rencontre se sont retrouvés, entre autres, le maire de Jérémie, Ronald Etienne, le délégué départemental, Norman Wiener, le Commissaire du Gouvernement, Me Antoine Rosny Saint-Louis, et pour l’OAS, Guillermo Cocco et Savio Souza.

Ces derniers, de toute évidence, ne disposent pas d’une cellule de communication. C’est l’opportunité de cette démarche des autorités locales qui a permis de confirmer la rumeur. L’OAS, a effectivement, cessé de manière unilatérale, les travaux en cours sur la route nationale no 7 et mis brusquement un terme au contrat le liant à l’état haïtien et aux bailleurs de fonds internationaux en particulier, l’Agence canadienne de développement international, l’ACDI et la BID. La responsable de projet de l’agence canadienne contactée le même jour par le journal pour s’enquérir de la position de son institution sur la question, a souligné qu’elle n’avait pas encore de réaction.

L’OAS justifie sa décision

Selon ce qu’ont rapporté les autorités locales à la presse, cette volte-face soudaine de l’OAS découlerait de deux raisons majeures évoquées par les représentants de la compagnie. La première serait liée à un problème d’expropriations qui auraient dû être effectuées sous le précédent gouvernement avant le démarrage des travaux. Or, avant que cette condition ne fût entièrement satisfaite, l’OAS s’était empressée de s’approprier le contrat [sic], tel un enfant trop gourmand mis en présence d’un gâteau. De dédommagements en dédommagements pour expropriations multiples, l’OAS estime maintenant, en tant qu’entreprise privée à but lucratif, avec un tel contrat, et c’est la deuxième raison évoquée, l’institution a enregistré plus de pertes que de profits.

Toutefois, ont voulu rassurer MM Cocco et Souza, sur les 69 kms de route à la charge de l’OAS, près de 65% des travaux ont été déjà effectués. Mais cela ne semble pas évident pour bon nombre de Grand’anselais qui, interrogés par le journal, estiment que le gros du travail reste encore à faire, notamment dans des zones dangereuses comme Corbera, plaine Matin, sans omettre le pont à jeter sur la rivière Glace qui continue de faire des victimes à chaque saison pluvieuse.

N’empêche, se sont justifiés les représentants de l’OAS, dont les travaux étaient supervisés par les TPTC, que l’entreprise n’a reçu de l’argent que pour les travaux réalisés. Donc, pour les 22 kms restants- ce qui reste encore à être confirmé par l’État haïtien – l’OAS avait préalablement, selon une clause du contrat, déposé une caution (en l’espèce, une somme d’argent), détenue par l’État, en vue de parer à toute éventualité. Reste à savoir, selon certains observateurs, si ce montant, dont la valeur n’a pas été exprimée, pourra couvrir les préjudices que subira l’État haïtien suite à la décision de l’OAS.

Par ailleurs, l’entreprise s’acquittera en intégralité de ses dettes envers ses employés, incluant toutes les prestations légales, ont ajouté ses représentants, pour rassurer notamment la main d’œuvre locale qui va se retrouver au chômage, en même temps que les expatriés seront révoqués, ont-ils souligné. Mais certains des employés, contactés par le Matin, évoquent l’inélégance, l’irresponsabilité et la mauvaise gestion de l’entreprise qui les a remerciés sans préavis, depuis le lundi 30 juillet, alors qu’ils se préparaient à se mettre au travail.

A ce point de presse donné par les autorités locales, la cerise sur le gâteau délaissé par l’OAS, est la note de presse lue par le délégué départemental et signé du ministre des TPTC, Jacques Rousseau. La population du grand Sud à travers cette note est informée de la décision unilatérale de l’OAS de mettre fin au contrat qui le liait à l’État haïtien. Dans cette communication, le ministre a assuré que toutes les dispositions seront prises par le gouvernement en vue de la poursuite des travaux, à bref délai, sur la route nationale no 7, d’autant que le financement demeure disponible.

Cela suffira-t-il, se demandent encore des observateurs, pour apaiser une population malheureusement éduquée à toujours manifester dans les rues pour voir ses besoins satisfaits par les responsables d’État ? Cette initiative des autorités politiques et judiciaires de rencontrer l’entreprise OAS, ltda pour faire lumière sur la question arrivera-t-elle à contenir la colère croissante des grand’anselais ? C’est le vœu tant du maire, du délégué départemental et du Commissaire du gouvernement qui se sont démenés pour inviter la population au calme. En tout cas, comme annoncé, le mardi 7 août, les jérémiens étaient dans les rues pour exprimer sans violence leur mécontentement et leur indignation. Tout en dénonçant la complicité de certaines autorités avec l’OAS, ils exigent que l’État soit plus ferme sur la question et reprenne les travaux le plus vite possible.

Ces travaux, lancés depuis le 3 septembre 2009, ont été financés à hauteur de 95 millions de dollars américains par l’Agence Canadienne de Développement International (ACDI) et par la Banque Interaméricaine de Développement (BID), chargée également de la gestion des fonds. Les travaux de réhabilitation de la route Jérémie-Cayes sont divisés en deux tranches : Camp-Perrin-Carrefour Zaboka, est assuré par le Conseil National des Équipements (CNE) d’une part. D’autre part, Carrefour Zaboka-Jérémie était assuré par l’OAS Ltda, basée au Brésil. Cette institution avait prévu initialement la remise des travaux pour la fin de 2011, puis avait annoncé une extension jusqu’au mois de juin 2012 et finalement en août 2013, avant de décider subitement de rompre son contrat.
Yvon Janvier
jyvon21@gmail.com
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