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| Wilner Étienne, directeur de la direction technique nationale. |
Le Matin : Directeur, les jeunes sélections haïtiennes sont aux anges actuellement. Nos joueurs des U-17 et U-20 ont décroché leur billet pour le second tour des éliminatoires du Mondial de leur catégorie respective. Etes-vous satisfait?
Wilner Étienne : Bien-sûr, je suis satisfait que nos jeunes sélections se portent bien. Cette première étape est très importante pour nous permettre de nous fixer de meilleurs objectifs. Mais le plus dur est à venir compte tenu de la réalité de la zone ces derniers temps. Tout le monde bouge à grand pas. Nous devons travailler pour combler les vides et répondre à nos aspirations. Car, pour aller plus loin, il faut beaucoup d’efforts.
L.M. : Nous avons appris que la deuxième phase des éliminatoires des U-17 a été reportée à une date ultérieure. Si oui, quelle est la nouvelle date ? Et qu’en est-il des U-20 ?
W.É : Oui, la deuxième phase des éliminatoires a été reportée pour les U-17 et la date ne sera communiquée qu’en avril 2013. Quant aux U-20 ils entreront en lice à la Jamaïque du 3 au 11 novembre 2012 et joueront dans le groupe A contre Trinidad, Curaçao et Porto-Rico.
L.M : Ces deux sélections, ont-elles des stages de préparation en perspective ?
W.É : Nous avons déjà pris toutes les dispositions en termes de préparation. La Fédération a déjà établi un budget qui, sans doute, est très élevé. Nous n'avons pas suffisamment de moyen. C’est pourquoi l'aide extérieure sera essentielle. Les dépenses sont énormes. Diverses tournées sont prévues en Amérique Centrale, en Amérique du Sud, aux États-Unis, et en Europe. On a eu pas mal de contacts mais nous nous efforcerons en vue de trouver l'argent pour y arriver.
L.M. : Du 7 au 12 septembre, les Seniors vont prendre part aux éliminatoires de la Digicel Cup. Le groupe sera-t-il composé essentiellement de joueurs évoluant au championnat national?
W.É : La Sélection Nationale senior doit effectivement jouer le premier tour des éliminatoires de la Coupe des Caraïbes des Nations au stade Sylvio Cator en septembre prochain. Nous avons déjà convoqué plus de treize joueurs qui évoluent à l'extérieur. Ils ont tous répondu positivement mais attendent pour rentrer au pays surtout que la date du Tournoi national coïncide à celle choisie pour la journée de la Fifa.
L.M : Si la Sélection Nationale Senior arrive à passer la première étape, aura-t-elle des matches amicaux sur le plan international pour préparer la nouvelle échéance ?
W.É : Nous avons déjà quelques rendez-vous. Toute suite après le Tournoi, nous devrons nous rendre en Guyane, à la Martinique et effectuer une tournée en Amérique du Sud.
L.M. : Quels sont les programmes conçus pour les jeunes durant ces vacances d’été ?
W.É : Nous avons commencé avec l'organisation du championnat national de jeunes pour les deux sexes : garçons nés en 1998 et filles nées en 1999. La phase communale se joue en ce moment en attendant d'arriver à la phase régionale et nationale. L'objectif consiste à détecter des talents pour les intégrer, en octobre prochain, à l’Académie fédérale « Camp Nous» au centre Fifa Goal de la Croix-des-Bouquets.
L.M. : Maintenant parlons un peu de nos filles qui évoluent en Indiana. Leur championnat a-t-il pris fin? Ont-elles enchaîné avec d’autres succès ?
W.É : Les filles qui sont à Indiana ont fini de jouer en championnat. Maintenant, elles entament des préparations pour la Sélection féminine. Le projet a été planifié ainsi. Le club et la Sélection forment un tout. Notre ambition est de participer en 2015 à la Coupe du Monde féminine. Nous envisageons de leur donner des vacances pour aller visiter leurs parents. D'après plusieurs constats, elles sont en progression par rapport à leur niveau antérieur.
Le Matin : Un dernier mot
Wilner Étienne : Tout ce qu'on peut dire de notre football aujourd'hui, c'est qu'on a besoin d'infrastructures sportives pour développer le jeu, le faire avancer. Nous avons besoin de former en quantité et en qualité nos éducateurs, entraîneurs et nos cadres en général. Au niveau de la direction technique nationale, nous avons beaucoup de projets dont celui de faire venir en Haïti des experts étrangers. Je négocie actuellement avec un expert en gardien de but et un technicien pour venir en décembre animer une formation de 15 jours. Tout cela entre dans le plan des quatre années à la Fédération, notamment à la direction technique nationale. A la DTN, nous avons besoin de plus de 60 000 dollars américains pour réaliser ces deux formations. Nous les voulons. D'ailleurs, c'est un impératif. Le football est trop populaire pour être si négligé par nos dirigeants politiques. J'espère qu’un jour ils comprendront que le sport notamment le football constitue un puissant facteur de développement. Il n’y a ni loi sur le sport, ni de nouvelles installations sportives sérieuses, ni d'écoles de sport. Nous avons beaucoup d’efforts à faire sinon nous serons surclassés par Antigua, Porto-Rico et les autres pays de la Caraïbe.