102è Année - Un siècle d’information - www.lematinhaiti.com - Dernière mise à jour : 13/02/2014 14:53:09   28 Apr 2017-19h45
Haiti/Bien-être social
Bien-être social : l’enfant d’abord
Sandy n’a pas tenu compte de la situation déjà fragile de la population haïtienne, pas même celle des enfants. N’était-ce la vigilance de l’Institut du bien-être social et de recherches (IBESR), l’ouragan qui a frappé le pays dernièrement aurait pu faire plus de victimes. En effet...
Sandy n’a pas tenu compte de la situation déjà fragile de la population haïtienne, pas même celle des enfants. N’était-ce la vigilance de l’Institut du bien-être social et de recherches (IBESR), l’ouragan qui a frappé le pays dernièrement aurait pu faire plus de victimes. En effet, une cellule d’urgence a été mise en place par l’IBESR pour venir en aide à la population, a informé le responsable de communication et de sensibilisation, Michelet Desrosiers.

Du mercredi 24 au dimanche 28 octobre, cette cellule d’urgence a fonctionné 24 heures sur 24. Des orphelinats dans les zones exposées aux dégâts de l’ouragan, ont eu recours à l’IBESR, notamment le Collectif des enfants démunis, à Tiburon, où 35 enfants étaient en danger, leur centre étant envahi par la mer. En tout, l’IBESR aura reçu 3.646 appels et traité 77 cas d’urgence. 560 des appels reçus ont été transférés à des institutions mieux placées pour répondre à certains cas.

Après le passage de Sandy, l’IBESR a distribué, avec le support de l’Unicef, des kits hygiéniques à 201 familles, et facilité 560 autres dans des abris provisoires à trouver de l’aide, par le biais de ses agents dans les 10 départements. Fait étonnant, entre autres, « on » aurait profité du passage de Sandy pour abandonner un enfant de 16 mois dans un centre de traitement du choléra (CTC), à Diquini 63. Suite à l’appel d’un citoyen, l’enfant a été récupéré par l’IBESR et placé dans une maison d’accueil.



L’enfant : la priorité de l’IBESR

La problématique de l’enfance en Haïti est d’ordre prioritaire pour l’IBESR, selon Michelet Desrosiers. « Nos actions visent fondamentalement le bien-être de l’enfant », a-t-il affirmé, qu’il s’agisse de garantir des naissances saines en délivrant aux couples le certificat prénuptial ou de retrouver les familles des enfants abandonnés. De 2011 à 2012, a informé M. Desrosiers, 570 enfants ont été réinsérés dans leurs familles et ont bénéficié d’un accompagnement psychosocial et économique. « Que l’enfant évolue au sein de sa famille biologique, c’est notre priorité », a-t-il soutenu. Actuellement, une recherche sur les causes d’abandon d’enfants est en cours, et durera 4 mois. Les maisons d’accueil et les prisons constituent le terrain de recherche. Ce projet annonce, par ailleurs, la restructuration du département de recherches de l’IBESR.

L’IBESR travaille déjà au renforcement de ses capacités institutionnelles. De septembre à octobre, 200 jeunes universitaires ont été recrutés dans le cadre de ce programme de renforcement qui s’étend d’avril à décembre 2012, et est soutenu par l’Unicef. Ce renforcement devrait lui permettre de réaliser ses différents projets. En effet, de la mi-novembre à décembre, une campagne de sensibilisation contre le système Restavèk doit être lancée. De novembre 2012 à novembre 2013 également, sera mise en œuvre un plan de communication visant à changer le comportement des adultes vis-vis des enfants mais en mettant surtout l’accent sur la maltraitance.

Pour l’année 2013, l’IBESR entend fournir un accompagnement à 35. 500 enfants. Il en profitera pour faire une évaluation de leur statut (s’ils sont orphelins ou à réinsérer) et vérifier l’existence de leurs dossiers, dont l’acte de naissance. 15.199 enfants ont été documentés durant l’année 2012.

Les enfants, l’avenir du pays, dit-on souvent, sont victimes de tous les maux. Traites, trafic, voyages illégaux, prostitution, viol, etc. Très souvent, a indiqué M. Desrosiers, la PNH, la MINUSTAH, la UNPOL ramènent des enfants en situation de danger, à l’IBESR qui se charge de retrouver leurs familles ou les placer dans des centres d’accueil.

Toutefois, l’IBESR fait face à de grandes difficultés dans la prise en charge des enfants, si l’on en croit Michelet Desrosiers. Le budget alloué est insuffisant par rapport à sa mission de protection sociale, de réhabilitation sociale et de promotion sociale. En outre, de nombreux enfants en situation difficile n’ont pas de dossier sans compter ceux qui se retrouvent dans la rue et qui se chiffrent à environ 300 000, selon les données fournies par le responsable de communication. Ces enfants font face à de sérieux risques dont les grossesses précoces chez les filles.

Les maisons d’accueil qui sont censées accompagner le travail de l’IBESR sont souvent illégales. Sur les 722 inventoriées dans le pays, 2/3 n’ont pas d’accréditation de l’État. Depuis septembre, 26 d’entre eux ont été fermées. 25% de ces 722 centres sont mis en zone rouge par l’IBESR et ils seront fermés, a annoncé Michelet Desrosiers. Mais cette décision concerne les centres qui ne répondent pas aux critères établis, les autres peuvent encore entreprendre leur régularisation.

Le responsable de communication de l’IBESR a déploré le poids de la mentalité dans le maintien de la situation précaire des enfants. Il a néanmoins voulu convaincre des résultats que la population doit attendre du travail de l’IBESR, grâce notamment, à son service de défense sociale et son service social pénitentiaire. Il a rappelé que 18 enfants ont été graciés par le président de la République, à l’occasion de la journée internationale de l’enfance en juin.
Aline Sainsoivil

sainsoivil_aline@yahoo.fr
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